Les taxis maintiennent la pression

Les taxis ne veulent pas arrêter le mouvement. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE
Les taxis ne décolèrent pas. Au lendemain du mouvement social des taxis, "une centaine d'entre eux se trouvent encore répartis dans les deux sens de circulation sur le boulevard périphérique au niveau de porte de la Chapelle", selon un bulletin du Centre national d'information routière (Cnir) à 07h00.
Le périphérique a été fermé à la circulation dans les deux sens, de la porte de Saint-Ouen à la porte de La Villette. Le centre régional d'information routière d'Ile-de-France a toutefois précisé que la circulation avait été rouverte pour le périphérique intérieur.
De source policière, une intervention des forces de l'ordre a été menée pour faire partir les taxis. Le blocage a été déplacé au niveau des portes d'Asnières et de Clichy, au nord-ouest de la capitale.
Mission de concertation
Lundi, plus d'un millier de taxis partis à 08h00 des aéroports parisiens ont convergé à petite vitesse dans l'après-midi sur le Champ-de-Mars, dans le centre de Paris, pour dire "non à la mort programmée du taxi".
Longtemps protégée, la profession est de plus en plus concurrencée par les motos-taxis et les sociétés de VTC, qui ne peuvent travailler que sur réservation mais que les taxis accusent de prendre des clients à la volée. "Ils racolent aux aéroports", accusent les taxis.
L'enregistrement d'un véhicule de VTC ne coûte que 100 euros alors que les licences des taxis (à 80% artisans et propriétaires de leurs licences) se négocient autour de 230.000 euros à Paris.
L'assouplissement de la législation en 2009 a favorisé la multiplication des VTC, qui ont gagné mercredi dernier une nouvelle partie en obtenant la suspension du décret leur imposant un délai de 15 minutes entre la réservation et la prise en charge du client.
Cette décision provisoire du Conseil d'Etat a attisé la colère des syndicats de taxis qui jugeaient de toute façon ce décret insuffisamment protecteur.
"Concurrence parfaitement loyale"
Pour les calmer, le gouvernement a annoncé samedi le lancement d'une "mission de concertation" afin de "définir les conditions durables d'une concurrence équilibrée entre les taxis et les VTC" d'ici à deux mois, et un renforcement des contrôles.
Les syndicats réclament l'interdiction des applications de réservation de VTC sur smartphone, un délai de réservation minimum de 30 minutes et des courses d'un montant de 60 euros a minima.
"Les taxis payent plus cher leur licence car ils ont un monopole sur la maraude", la mission devra "faire respecter ce monopole, mais il faut aussi réaffirmer que sur le marché de la réservation, la concurrence des VTC est parfaitement loyale", a assuré à l'AFP Benjamin Cardoso, président de LeCab.
Malgré l'augmentation des licences distribuées ces dernières années par l'administration, les taxis restent peu nombreux: quelque 55.000 dans l'hexagone, dont environ 20.000 à Paris. Parallèlement, fin 2013, on recensait 6.500 entreprises de VTC (dont la moitié en Ile-de-France) exploitant quelque 12.400 véhicules.












