Les buralistes mécontents du nouveau Loto

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Ce lundi soir, la Française des Jeux (FDJ) va procéder au premier tirage de la nouvelle formule du Loto. Mais les joueurs vont peut-être avoir du mal à trouver une grille : la Confédération des buralistes, qui revendique 26 000 bureaux de tabac sur 28 000, a appelé ses adhérents à la boycotter.
Cette nouvelle formule se compose d'une grille classique (qui n'a pas beaucoup évoluée) et d'un bulletin "Multi-options", avec trois options facultatives. C'est ce nouveau bulletin que les buralistes engagés dans le mouvement refusent de vendre jusqu'à nouvel ordre.
Raison officielle : cette nouvelle formule est plus complexe que les bulletins classiques. Les buralistes craignent de devoir passer leur temps à expliquer à leurs clients comment jouer. Ils estiment donc logique que leur rémunération soit augmentée. « Ces formules sont un peu plus complexes, il va falloir passer du temps à expliquer aux clients, donc tout ce temps que l’on va consacrer, on ne le consacre pas à faire autre chose, s’inquiète Philippe Fromentin, patron d’un bar-tabac du XVe arrondissement. Par conséquent, il faut que la Française des jeux nous considère un peu plus ».
« La Française des jeux ne nous écoute pas »
La vraie raison serait plutôt financière : « Quand on voit les gains, ce qu’ils récupèrent, ce serait un peu normal que ceux qui effectuent le travail récupèrent un peu les fruits, parce que c’est nous qui leur faisons tout le boulot », estime Clément Journiak, responsable d’un autre bar-tabac du quartier.
La Confédération des buralistes perturbe donc le lancement de cette nouvelle formule pour faire pression sur la Française des jeux. Objectif : obtenir une augmentation de leur commission. Ils récupèrent aujourd'hui 5% des sommes misées, et veulent passer à 6%. « La Française des jeux ne nous écoute pas. Cela fait pratiquement 2 ans que nous expliquons que nous avons de plus en plus de difficultés à joindre les deux bouts, s'insurge Pascal Montredon, patron de la Confédération des buralistes. Les 5% que nous touchons n’ont pas bougé depuis 1976, c’est plus de 30 ans. Ce que nous demandons c’est une augmentation d’1% sur 5 ans, c’est-à-dire 0,2% par an. Nous sommes tout petits, et très clairement si la Française des jeux n’entend pas notre message, nous sommes prêts à durcir le mouvement ».
Impossible, selon la Française des Jeux, selon laquelle la rémunération des buralistes a augmenté de 30% en 3 ans. En outre, avec un chiffre d'affaires de 11,4 milliards d'euros l'an dernier, la FDJ a dégagé un résultat net de 90 millions d'euros. Or, augmenter de 1% la rémunération des buralistes en coûterait 110.












