Le gouvernement réfléchit à taxer davantage le diesel

Le diesel pourrait augmenter de deux centimes par an tous les ans d'ici 2016. - -
Pendant des années, l’Etat a incité les automobilistes à rouler au diesel grâce à une fiscalité avantageuse. D’ici quelques années, ce sera sans doute fini. Le gouvernement travaille en effet à la mise en place d'une fiscalité écologique pour trouver 3 milliards d'euros d'ici 2016 afin de financer, en partie, le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi. Le comité en charge du dossier doit présenter des propositions détaillées à la mi-juin, mais selon le Journal du dimanche, une piste semble privilégiée : rééquilibrer les fiscalités de l'essence et du diesel. En moyenne, le gazole vaut actuellement 20 centimes de moins au litre que le sans-plomb 95. Bercy envisagerait ainsi d'augmenter les taxes sur le gazole de deux centimes par litre, chaque année jusqu'en 2016. Cette mesure serait financièrement très efficace puisque 65% du parc automobile français est constitué de voitures à moteur diesel, soit 25 millions de véhicules.
« La subvention au diesel, c’est terminé »
Jean-Marie Le Guen, député socialiste et adjoint au maire de Paris chargé de la Santé Publique, le gouvernement va dans le bon sens. « La diéselisation à plus de 60% du parc automobile est liée pour l’essentiel à la fiscalité, donc il faut envoyer des signaux très clairs. Je pense que ces deux centimes sont un minimum. En tout cas, il faut annoncer à nos compatriotes que la subvention au diesel, c’est terminé. Et cette évolution doit passer sans doute par une aide à la transition, faire en sorte que les automobilistes puissent changer leur automobile. Nous avons l’obligation d’opérer cette transformation ».
« S’ils avaient du diesel, ils veulent rester au diesel »
Claude Fournis, concessionnaire automobile en Normandie et membre du Conseil national des professions automobiles (un syndicat professionnel), considère pour sa part qu’il est difficile de changer les comportements des automobilistes. « S’ils ont toujours eu du diesel, ils veulent rester au diesel, même s’ils ne roulent pas beaucoup. C’est à nous de leur expliquer que ce n’est pas forcément dans leur intérêt, car c’est plus cher à l’achat, et ils ne récupèrent pas forcément la différence. Si quelqu’un me dit qu’il fait 20 000 kilomètres par an ou au-delà, je lui conseille du diesel. Mais un diesel qui ne roule pas beaucoup, ce n’est pas très bon, un diesel a besoin de tourner plus longtemps qu’un essence ».
« Une bouffée d’oxygène au raffinage français »
Jean-Louis Schilanski, président de l'Union française des industries pétrolières, est lui aussi favorable à la mesure. Il demande depuis des années un rééquilibrage des fiscalités gazole et essence. « La consommation de sans-plomb 95 s’effondre. L’idée d’augmenter la fiscalité gazole, ça donnerait une vraie bouffée d’oxygène au raffinage français », estime-t-il, alors que les raffineries françaises produisent aujourd'hui presque deux fois plus de sans-plomb 95 que ce que la France consomme.












