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Le créateur John Galliano confronté à ses présumées victimes

John Galliano, créateur vedette de la maison de haute couture Christian Dior, s'est rendu lundi dans un commissariat parisien pour y être confronté à deux personnes qui l'accusent d'injures antisémites. Il doit en outre être interrogé sur des faits compar

John Galliano, créateur vedette de la maison de haute couture Christian Dior, s'est rendu lundi dans un commissariat parisien pour y être confronté à deux personnes qui l'accusent d'injures antisémites. Il doit en outre être interrogé sur des faits compar - -

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John Galliano, créateur vedette de la maison de haute couture Christian Dior, s'est rendu ce lundi dans un commissariat parisien pour y être confronté à deux personnes qui l'accusent d'injures antisémites.

Le créateur britannique doit être en outre interrogé sur des faits évoqués par une autre plaignante, qui s'est manifestée samedi, a-t-on appris au parquet de Paris. Elle a relaté avoir été victime d'injures antisémites de sa part en octobre dernier dans un bar parisien.
Cette procédure menace la carrière de cette figure mondiale du monde de la mode. Agé de 50 ans, John Galliano dirige depuis 1996 la création de Dior, propriété de Dior SA, holding de contrôle de LVMH, numéro un mondial du luxe. John Galliano a été suspendu de ses fonctions par Dior vendredi dernier, dans l'attente des résultats de l'enquête.

A l'issue des auditions de ce lundi et d'autres auditions de témoins, le parquet devra décider de le poursuivre ou non. Si les charges sont jugées suffisantes, la procédure usuelle est une citation directe devant le tribunal correctionnel.
L'affaire a débuté par la plainte d'un couple accusant John Galliano d'avoir proféré des injures antisémites jeudi soir à la terrasse d'un bar à Paris. Le couturier nie avoir tenu les propos qu'on lui prête. L'enquête a montré qu'il avait bu au moment où les faits rapportés se sont déroulés.

Vidéo sur internet

Le site internet du quotidien anglais The Sun a par ailleurs mis en ligne lundi un enregistrement vidéo qui présente John Galliano à une table de bar où il déclare notamment: "I love Hitler" (j'adore Hitler) et injurie son interlocutrice, qui n'est pas visible sur le film.

Son avocat, Stéphane Zerbib, n'a pas souhaité commenter ce document. Il a en revanche dit à Reuters que son client contestait avoir tenu en octobre les propos rapportés par la troisième plaignante. "Quand on est victime d'un acte antisémite ou raciste, on n'attend pas quatre mois", a-t-il dit. "C'est curieux, quatre mois après, d'avoir une nouvelle plainte pour des faits identiques. Je m'interroge sur l'opportunité de cette nouvelle plainte", a-t-il ajouté. L'avocat assure que son client va bien. "(John Galliano) est en pleine forme. Il n'a jamais tenu ce type de propos, que ce soit ceux du 24 ou du mois d'octobre", a-t-il dit.

Cet incident, qui fait beaucoup de vagues dans le monde de la mode, est survenu à quelques jours du début de la "fashion week" parisienne du prêt-à porter. Le défilé Dior est prévu vendredi. John Galliano, qui organise un autre défilé dimanche sous sa propre marque, a maintenu cet événement.
Né le 28 novembre 1960 à Gibraltar, Juan Carlos Antonio Galliano, dit John Galliano, a été formé au Central Saint Martins College of Art and Design de Londres. Bernard Arnault, PDG de LVMH, l'a nommé en 1995 chez Givenchy puis en 1996 chez Christian Dior à la direction de la création de la haute couture et du prêt-à-porter féminin. Il a été sacré créateur britannique de l'année à quatre reprises.