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La réforme de l'accès à l'université passe son examen à l'Assemblée

BFM Me.R. avec AFP
Des lycéens découvrent les résultats du baccalauréat devant un établissement parisien, le 5 juillet 2017

Des lycéens découvrent les résultats du baccalauréat devant un établissement parisien, le 5 juillet 2017 - THOMAS SAMSON / AFP

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L'Assemblée lance ce mardi les débats sur les nouvelles règles d'accès à l'université, une "transformation en profondeur", selon le gouvernement, mais un projet jugé timoré à droite et accusé à gauche d'instaurer une "sélection" faute de moyens suffisants face à l'afflux d'étudiants.

Le projet de loi "relatif à l'orientation et à la réussite des étudiants", porté par la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, est examiné à partir de ce mardi à l'Assemblée nationale. Cette réforme de l'accès à l'université vise notamment à supprimer le tirage au sort dans les filières en tension dès 2018 et à réduire le taux d'échec en première année de fac, qui atteint 61% en licence.

Une nouvelle plateforme baptisée Parcoursup remplacera la controversée APB, qui a conduit à tirer au sort "plus de 66.000 étudiants" et à "priver des milliers de jeunes bacheliers d'affectation cet été", selon les mots de la ministre. Avec ce système voulu plus "juste", chaque université traitera la demande d'inscription de manière personnalisée et répondra au vu des "attendus", les compétences requises pour être admis dans la filière souhaitée. Il y aura un "cadrage national" pour les "attendus", ont ajouté les députés en commission, afin d'éviter la compétition entre établissements et les inégalités sociales. L'ensemble des établissements devront être sur la plateforme d'ici à 2020.

Traduction législative du plan étudiant présenté en octobre, la réforme, qui passe aussi par une orientation renforcée au lycée et le rattachement progressif des étudiants au régime général de la Sécurité sociale dès la rentrée 2018, est assortie d'un financement de près d'un milliard d'euros sur la législature.

Mobilisation des syndicats étudiants

Le texte, qui compte une dizaine d'articles, sur lesquels quelque 250 amendements seront examinés d'ici à jeudi, n'a pas jusqu'à présent suscité de fortes mobilisations de la jeunesse, mais plusieurs organisations, dont l'Unef et le syndicat lycéen UNL, ont appelé à une mobilisation mardi, avec des délégations aux abords de l'Assemblée à midi. Ils protestent contre une remise en cause du "principe de libre accès à l'université" et une "logique de sélection".

Le rapporteur de l'Assemblée nationale s'attend à "des débats plutôt apaisés" dans l'hémicycle, l'examen en commission ayant montré "plusieurs constats partagés par les différents groupes politiques", dont "la nécessité de sortir du tirage au sort" qui est "profondément injuste".

Une approche "trop minimaliste"

Des élus LR ont toutefois jugé que "la révolution annoncée accouche d’une petite souris", dénonçant "une approche trop minimaliste". Pour Nouvelle Gauche, le texte "marque l’abandon de la règle traditionnelle selon laquelle tout candidat est libre de s’inscrire dans l’établissement de son choix".

"Plutôt que d’agrandir l’évier", le gouvernement décide de "fermer le robinet en imposant des critères", a aussi jugé en commission l'Insoumise Sabine Rubin, alors que d'ici à 2025, 2,9 millions d’inscriptions devraient être recensées dans l’enseignement supérieur, soit environ 360.000 de plus qu’en 2015, en raison de la reprise démographique. Il faut "mettre les moyens nécessaires au lieu de chercher à éliminer un certain nombre de jeunes, comme va le faire cette loi", a aussi réclamé la communiste Marie-George Buffet.