BFM

La Nouvelle-Calédonie vote de nouveau sur son indépendance ce dimanche

BFM Jé. M. avec AFP
La Nouvelle-Calédonie vote ce dimanche sur son indépendance pour la deuxième fois (PHOTO D'ILLUSTRATION)

La Nouvelle-Calédonie vote ce dimanche sur son indépendance pour la deuxième fois (PHOTO D'ILLUSTRATION) - Fred Payet - AFP

Téléchargez la nouvelle app BFM
Après un premier référendum mené en novembre 2018, les habitants du "Cailou" se prononcent de nouveau sur l'avenir de leur île. Un vote qui pourrait en appeler un utlime d'ici 2022 en cas de nouvelle victoire pour le camp du "non".

Dernière ligne droite pour la Nouvelle-Calédonie, territoire stratégique de 270.000 habitants dans le Pacifique, qui doit décider ce dimanche lors d'un deuxième référendum d'autodétermination si elle reste française ou bien choisit l'indépendance.

Dans cet archipel à 18.000 km de Paris, français depuis 1853 et qui représente l'un des derniers bastions de souveraineté européenne dans la zone après le Brexit, un premier scrutin a vu le 4 novembre 2018 le camp du "non" à l'indépendance l'emporter par 56,7% des voix. Près de 180.000 électeurs du territoire, qui dispose d'importantes réserves de nickel, devront à nouveau dire s'ils veulent "que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante".

Ce référendum, comme le premier, s'inscrit dans un processus de décolonisation entamé en 1988 après plusieurs années de quasi guerre civile entre Kanaks, peuple premier, et Caldoches, d'origine européenne. Ces affrontements avaient culminé avec la prise d'otages et l'assaut de la grotte d'Ouvéa en mai 1988, qui avait fait 25 morts.

Un vote... sans Covid

Les accords de Matignon, signés en juin 1988 par l'indépendantiste kanak Jean-Marie Tjibaou et le loyaliste Jacques Lafleur, consolidés dix ans plus tard par l'accord de Nouméa, ont institué un rééquilibrage économique et géographique en faveur des Kanaks et un partage du pouvoir politique, même si les inégalités sociales restent importantes.

La consultation, dont le résultat sera connu dimanche soir heure locale, dimanche matin en métropole, se déroulera sans mesure barrière ni masque, puisque l'archipel est exempt de Covid-19, grâce à une réduction drastique des vols internationaux et une quarantaine obligatoire pour tout arrivant.

"Le virus, on n'y pense même plus. Les gens sont plus inquiets des résultats du référendum que du Covid", raconte à l'AFP le Dr Hugues Bourgeois, médecin généraliste.

L'hypothèse d'un troisième référendum

Alors que le premier scrutin avait été salué par tous, la nouvelle consultation s'est organisée dans un climat politique émaillé de polémiques, notamment sur le corps électoral, la date du référendum, les inscriptions dans les bureaux de vote décentralisés ou encore l'usage autorisé par l'Etat du drapeau tricolore pour la campagne officielle, en dérogation du code électoral.

Tenu à l'impartialité, Emmanuel Macron ne s'exprimera qu'au lendemain du référendum. En mai 2018, il avait souligné que "la France serait moins belle sans la Nouvelle-Calédonie". Le Premier ministre Jean Castex a indiqué qu'il réunirait "les acteurs politiques calédoniens au lendemain" de la consultation.

Selon l'accord de Nouméa, en cas de victoire du "non", un troisième référendum est possible d'ici à 2022.