L’outre-mer veut moins de sucre dans ses yaourts

Des députés PS veulent mettre fin aux différences des taux de sucre entre la métropole et l'outr-mer - -
Offrir la même qualité d'alimentation en métropole et dans les outre-mer, tel est l’objectif d'une proposition de loi débattue ce mercredi après-midi par les députés. Ce texte porté par le PS est une des promesses de campagne de François Hollande. Au cœur de cette proposition de loi : interdire les différences de taux de sucre entre les produits vendus en métropole et ceux vendus dans les outre-mer. L'outre-mer où les boissons, les yaourts peuvent être jusqu'à deux fois plus sucrés. « Comparez les chiffres entre la métropole et l’outre-mer, c’est flagrant. Vous avez pratiquement 10% à 15% de personnes en surpoids par rapport à l’Hexagone », se désespère Hélène Vainqueur Christophe, députée socialiste de Guadeloupe.
Explosion du nombre d’obèses en outre-mer
Face à ces produits trop sucrés, une constatation alarmante : l'explosion du nombre d'obèses en Guadeloupe, en Martinique ou encore sur l'Ile de la Réunion. Un véritable problème sanitaire dans ces régions où 25% des enfants et 1 adulte sur 2 sont en surpoids, ou obèses. « Les différences qui ont été éduquées et entretenues et cela créer un sorte de toxicomanie au goût sucré », regrette Arnaud Cocaul, nutritionniste. Prévu également dans cette proposition de loi, un alignement des fameuses DLC (Date Limite de Consommation). Aujourd'hui, il peut y avoir 20 jours de plus pour les yaourts vendus en outre-mer par rapport à ceux destiné à la métropole. Sauf surprise, la loi devrait être adoptée. Les industriels auront ensuite 6 mois pour réduire leur taux de sucre. Un délai difficile à tenir, selon eux.
« En outre-mer, il faut pouvoir fabriquer du yaourt à partir de poudre de lait »
6 mois pour réduire le taux de sucre dans les produits outre-mer paraît difficilement tenable pour Cécile Rauzy directrice qualité à l'ANIA, l'Association Nationale des Industries Alimentaires. « Les procédés industriels ne sont pas les mêmes en métropole et dans les Antilles car il faut pouvoir fabriquer du yaourt à partir de poudre de lait contrairement à la métropole où l’on va fabriquer un yaourt directement avec du lait. Or, il y a tout un travail de recherche et développement à mener pour diminuer progressivement les teneurs en sucre sans changer la consistance et l’aspect du yaourt. Il faudra très clairement plus des six mois qui sont indiqués dans la proposition de loi ».












