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L’APL bientôt basée sur des critères sociaux ?

BFM La rédaction, avec C. Martelet et A. Dubiez
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L’Aide pour le logement est pour le moment la seule aide aux étudiants versée quels que soient les revenus des parents, mais la nouvelle ministre de l'Enseignement supérieur Genevière Fioraso veut la réformer.

A quelques semaines de sa première rentrée universitaire, la ministre de l'Enseignement supérieur, Genevière Fioraso, se fixe deux objectifs : valoriser et démocratiser les études supérieures. Et pour démocratiser, justement, le gouvernement veut remettre à plat l'ensemble des aides, c'est à dire les bourses, la demi-part fiscale maintenue pour les parents mais aussi l'APL, l'aide pour le logement. Aujourd'hui versée à l'ensemble des étudiants selon le loyer et la superficie de l'appartement qu'il occupe (elle va de 77 euros à 230 euros par mois et par étudiant), elle pourrait être calculée en fonction du revenu des parents, comme cela se fait déjà pour les bourses, selon la ministre.

« Les APL sont inadaptées au public étudiant »

Le nouveau mode de calcul pourrait permettre à l'Etat d'économiser entre 300 et 400 millions d'euros, un chiffre mis en avant déjà en novembre 2011 par l'UMP. Président de la Fage, fédération d’associations étudiante, Philippe Loup estime que l’introduction de critères sociaux serait une bonne chose. « Concrètement, plus vos parents sont aisés, moins vous aurez d’aide, et plus vos parents sont en difficulté, moins ils peuvent vous donner, alors là il faut intervenir », résume-t-il. Selon lui, « les APL sont inadaptées au public étudiant. En fonction du revenu de vos parents, vous aurez la même aide. Alors oui, il faut la réformer, ne pas reproduire les inégalités en proposant la même somme à tous ».

« C’est le jeune qu’il faut aider, pas sa famille »

Mais la proposition fait frémir les syndicats étudiants. L’Unef, principal syndicat étudiant, n’en veut pas, de même que son concurrent l’Uni. Président de l'Unef (Union nationale des étudiants de France), Emmanuel Zemmour voit dans les APL « la seule aide qui existe et qui est universelle, c’est-à-dire que chaque jeune peut y prétendre, quelle que soit la situation de ses parents. C’est extrêmement important ». Le leader syndical veut en effet bien distinguer les revenus de la famille et la possibilité pour l’étudiant d’être autonome. « Il y a énormément de cas où le jeune ne reçoit pas l’aide dont il a besoin de la part de sa famille. Par exemple quand il veut suivre un cursus qui ne correspond pas aux attentes de sa famille, et bien c’est le jeune qu’il faut aider, pas sa cellule familiale », juge-t-il.