Jihad: la mère d'un mineur parti en Syrie attaque l'Etat

Manifestation à Strasbourg, en février 2014, pour dénoncer l'endoctrinement des jeunes. - Frédérick Florin - AFP
Il y a un an, un jeune garçon originaire du sud de la France prenait l'avion pour rejoindre la Syrie, et le jihad. Dans un entretien au Parisien, sa mère Nadine D. révèle qu'elle a porté plainte contre l'Etat qui n'aurait pas mis en oeuvre les moyens nécessaires pour l'empêcher de partir.
Son fils, âgé de 16 ans à l'époque, s'était présenté seul à l'aéroport avec pour destination la Turquie, l'un des points de passage avant de rejoindre la Syrie. "Vu l'actualité, la police aux frontières aurait au moins dû s'inquiéter en voyant un mineur seul rejoindre cette destination", déplore la mère de famille.
L'adolescent appelle sa mère en arrivant sur le territoire turc et lui annonce son intention de se rendre en Syrie "pour faire de l'humanitaire". Passé le choc, c'est la colère et l'incompréhension pour Nadine. Elle dit en vouloir "énormément" à la police qui n'a pas empêché son enfant de partir lors du contrôle d'identité.
Un départ légal
Pourtant, depuis 2013, un mineur peut quitter le territoire français sans l'autorisation de ses parents, à condition de présenter sa carte d'identité ou son passeport. L'autorisation de sortie de territoire, un document signé par les parents, a été supprimée en 2013.
Le départ de l'adolescent était donc légal, mais la mère de famille regrette qu'aucune question n'ait été posée à son fils lors du passage de la frontière. "La liberté d'aller et venir s'accompagne pour la police d'un devoir d'agir pour mettre fin à une situation à risque", plaide-t-elle. "C'était le cas, mais ils l'ont laissé passer. Je tiens l'Etat pour responsable du départ de mon fils."
La mère de famille avait déjà mis en cause l'Etat il y a quelques mois. Sur RMC, elle regrettait que malgré ses différents signalements, rien n'ait été fait pour empêcher son fils de partir.
"La police a failli à sa mission"
Pour l'avocate de Nadine, citée par le Parisien, "la loi oblige les policiers à faire preuve de discernement, et à tenir compte en toutes circonstances des risques et menaces. En laissant un mineur partir seul dans un pays connu pour être une zone de transit vers le jihad sans lui poser la moindre question, la police a failli à sa mission". D'autres adolescents français ont déjà réussi à rejoindre la Turquie en prenant l'avion seuls.
En avril dernier, des parents d'adolescents partis faire le jihad en appelaient à l'Etat pour faire revenir leurs enfants. Une revendication du Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l'islam (CPDSI) qui réclame également le rétablissement de l'autorisation de sortie de territoire.
Le plan anti-jihad du gouvernement prévoit la création d'une interdiction administrative de sortie de territoire pour des majeurs ou des mineurs décidée par le ministère de l'Intérieur. Un millier de Français seraient impliqués dans les filières jihadistes, dont beaucoup de jeunes adultes.












