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Islamisme : « J'ai perdu mon petit frère »

BFM La Rédaction avec A. Perrin
Un homme a été tué samedi matin à Strasbourg et sept autres personnes ont été interpellées, lors d'opérations de police dans les milieux islamistes radicaux.

Un homme a été tué samedi matin à Strasbourg et sept autres personnes ont été interpellées, lors d'opérations de police dans les milieux islamistes radicaux. - -

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Après les 12 interpellations dans le week-end de membres d’une cellule d’islamistes radicaux, il ne reste que 24h aux enquêteurs pour connaître leurs projets et les mettre en examen pour « préparation d’actes terroristes ». « Mon frère est naïf et influençable » témoigne sur RMC le frère de Yann Nsaku, le footballeur interpellé.

Il ne leur reste que 24 heures. Voilà le temps donné aux enquêteurs de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) pour faire la lumière sur les projets de la cellule démantelée samedi aux quatre coins de l'Hexagone. Au terme de la durée légale de garde à vue, 96 heures dans le cadre des affaires antiterroristes, les onze personnes interpellées ce week-end, auxquelles s'ajoute une douzième personne interpellée samedi soir à Torcy en Seine-et-Marne, encourent une mise en examen notamment pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes terroristes ».

Argent liquide et munitions

Les enquêteurs cherchent à déterminer quels étaient les projets de ce groupe, dont plusieurs membres vivaient à Cannes. 5 testaments invoquant Allah ont été découverts lors des perquisitions effectuées par la police qui s'interroge aussi sur l'éventualité d'une « filière syrienne ». Outre les testaments, 27 000 euros en liquide ont été retrouvés lors des perquisitions ainsi que des munitions, de la littérature islamiste, du matériel informatique et une liste d'organisations juives en région parisienne. Pour l’instant, tout « montre que les 12 interpellés étaient déterminés à passer à l'action », confie un enquêteur.
De son côté, Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur a annoncé lundi « sans doute, peut-être » d'autres arrestations. Evoquant un « terrorisme intérieur », il a estimé qu'il y avait en France, « plusieurs dizaines, plusieurs centaines d'individus capables de s'organiser » comme le groupe de Cannes.

« Appliquer les préceptes religieux comme il faut »

Dans une vidéo postée il y a 9 mois sur Internet, l'ancien footballeur Yann Nsaku, l’un des cinq suspects cannois interpellés ce week-end dans le cadre du démantèlement d’une filière salafiste, explique les raisons de sa conversion à l’Islam.

« Mon petit frère, c’est une victime »

« Mon petit frère Yann, il est naïf et influençable », explique sur RMC Junior Nsaku, le frère de Yann Nzaku l’un des cinq suspects cannois interpellés ce week-end. « Je n’ai pas arrêté de faire de la prévention parce que je sais qu’il y a des gens qui pratiquent la bonne religion et bien d’autres qui pratiquent la mauvaise religion, dans le mauvais sens du terme. Il y des gens qui sont forts pour attraper un jeune influençable. J’ai perdu mon petit frère, ce n’est pas normal. Ce n’est pas lui. Mon petit frère, c’est une victime. Il est trop gentil, il en a payé les pots cassés ».

« Il achète un tapis, ne va plus voir les potes »

Pour Junior Nzaku, la radicalisation de son petit frère a été rapide et instantanée : « Tout à coup, il prend sa carte de crédit pour acheter en ligne : des djellabas, un tapis... D’un seul coup, il se renferme sur lui-même. Il ne va plus voir les potes. Il ne reste plus avec la famille. Je pense qu’il y a eu une influence, une personne ou un groupe, mais je ne sais pas qui. Mes parents ont perdu un fils, moi j’ai perdu mon petit frère. Ce n’est pas normal. Il y a quelque chose qui ne va pas ».