BFM

Interpeller Hollande? "Ça n'a servi à rien", affirme une ancienne chômeuse

BFM P. P. avec Salhia Brakhlia et Thibault Dupont
Nathalie Michaud estime que son interpellation auprès du chef de l'État "n'a servi à rien".

Nathalie Michaud estime que son interpellation auprès du chef de l'État "n'a servi à rien". - BFMTV

Téléchargez la nouvelle app BFM
Il y a deux ans et demi, Nathalie Michaud avait demandé des comptes au chef de l'État sur l'emploi, lors d'un de ses déplacements en Vendée. Mais son interpellation "n'a servi à rien", estime-t-elle. L'avertissement est donné aux quatre citoyens qui interrogeront le président ce jeudi soir sur France 2.

Ce jeudi soir, ils seront quatre citoyens à questionner le chef de l'État à la télévision sur des thèmes divers, allant de l'emploi au terrorisme. Pour eux, c'est sans doute une opportunité rêvée de voir leur situation se clarifier. Ce n'est pourtant pas le discours porté par Nathalie Michaud.

En août 2013, alors chômeuse de longue durée, elle aussi avait pu interpeller François Hollande lors d'un déplacement à la Roche-sur-Yon. Malgré sa réception à l'Élysée dans les jours qui ont suivi, elle n'en garde pas un souvenir impérissable, du moins à titre professionnel.

"Mon intervention n'a servi à rien. Oui, j'ai retrouvé un emploi mais ce n'est pas grâce au président. J'avais déjà eu mon entretien d'embauche avant de le rencontrer", témoigne Nathalie Michaud au micro de BFMTV.

Assistante d'éducation dans un lycée, elle déplore toujours une certaine précarité. "Mon contrat est renouvelable chaque année", confie-t-elle. Nathalie Michaud dénonce également une certaine inefficacité de Pôle emploi. "A aucun moment ils ne m'ont aidé pour trouver du travail", affirme-t-elle.

"Quémander de l'emploi"

En l'espace de deux ans et demi, la situation de Nathalie a nettement évolué. Elle ne partage plus l'appartement de sa mère, maintenant qu'elle dispose de rentrées financières fixes et stables. Malgré un temps libre plus limité, Nathalie a créé son blog, Les mendiants de l'emploi, "son espace d'échanges et d'idées". "Il permet aux chômeurs de s'exprimer, de raconter ce qui leur arrive."

"On nous donne l'impression de quémander de l'emploi. On ne mendie pas, c'est un droit qu'on revendique", remarque l'assistante d'éducation.

La quinquagénaire n'est pas plus optimiste aujourd'hui pour les demandeurs d'emploi. "Avec la loi El Khomri, on se retrouve encore à régresser", estime-t-elle.