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Internet : un jeune Français sur 4 victime de photos compromettantes

BFM M. Chaillot avec Victor Joanin
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Selon un récent sondage, un jeune Français sur 4 a été victime de photos compromettantes sur Internet, qu'ils ont parfois eux-mêmes postées. Pourtant, nous sommes de plus en plus nombreux à publier sans demander l’autorisation aux personnes concernées.

Aller un matin sur Facebook, rire des photos des autres et, tout d’un coup, se voir dans une situation peu flatteuse. D’après une étude de la TNS Sofrès pour la CNIL, cette situation est déjà arrivée à un quart des jeunes Français. Un sur quatre, en effet, affirme avoir déjà été victime de photos compromettantes sur Internet. Selon cette étude, 58 % des Français publient des photos en ligne mais seuls 36% demandent systématiquement l'autorisation des photographiés et 43% des sondés avouent avoir été « gênés » par une photo publiée.

« Je vois une photo de moi dans une baignoire, en caleçon, avec du maquillage »

Axel, un lycéen de 17 ans, en a fait les frais. « Je passais un weekend avec mes potes, le lundi en rentrant chez moi, j’ai regardé Facebook, et je vois une photo de moi dans une baignoire, en caleçon, avec du maquillage, témoigne-t-il sur RMC. J’avais un peu bu, mes potes n’ont pas été très gentils avec moi, ils ont bien rigolé en tout cas. Mais mes parents l’ont vu, et ce n’était pas forcément très cool ». Depuis, il promet d’être prudent. « Maintenant je fais attention, dès qu’on met une photo sur moi, je veux être informé, pouvoir valider. C’est surtout à nous de faire attention ».
17 ans lui aussi, Kris a subi le même genre de désagréments. Et quoi qu’il ait essayé, Internet a de la mémoire. « Des amis ont tapé mon prénom sur Google, ils ont trouvé la photo en première page. Je suis en caleçon avec du ketchup partout. J’ai essayé de la supprimer, j’ai envoyé un message, mais ça n’a rien changé ».

« C’est très destructeur lorsque l’image est atteinte »

A l'association e-enfance, Justine Atlan reçoit quotidiennement des témoignages d'ados harcelés à cause de photos prises ainsi, à leur insu. Mais phénomène récent, de plus en plus de jeunes se plaignent de photos… qu’ils ont eux-mêmes pris. « On constate largement que les filles se mettent énormément en scène, des photos d’elles plus ou moins déshabillées en testant des façons de se maquiller, les jambes écartées sur leur lit, raconte-t-elle. Le risque, c’est que quand elles sont récupérées par d’autres et envoyées avec d’autres commentaires totalement dénigrant, du type « qu’est-ce qu’elle est moche, elle n’a pas de seins, etc. », c’est très destructeur lorsque c’est l’image qui est atteinte ».
La CNIL (commission nationale de l'informatique et des libertés) s'inquiète de ces mauvaises pratiques et demande à ce que les sites rendent leurs paramètres de confidentialité plus visibles et plus faciles.

Les résultats du sondage TNS Sofrès pour la CNIL|||

Sans surprise, le partage de photos est le plus intense chez les jeunes de 13 à 24 ans. Or 70% des jeunes ados de 13 à 17 ans se disent très préoccupés par leur image sur Internet.
86% des 18-24 ans publient des photos sur la toile et 27% d'entre eux estiment même que la publication de photos a eu un impact négatif sur leur vie personnelle. 43% des sondés avouent avoir été « gênés » par une photo publiée.
58% des Français publient pourtant des photos en ligne alors que seuls 36% d’entre eux demandent systématiquement l'autorisation des photographiés.