INFO RMC - Une « indication géographique » pour protéger les savoir-faire français

Les savonniers à Marseille se réjouissent de la volonté d'instaurer une protection de leur savoir-faire. - -
C'est une information RMC, bonne nouvelle pour le savoir-faire français. La ministre de l’Artisanat, du Commerce et du Toursime, Sylvia Pinel entend défendre le savoir-faire français et ses spécificités par la création d’un label « indication géographique ». Destinée aux produits manufacturés, cette indication géographique serait l’équivalent d’une AOC pour les produits alimentaires. Une sorte de label déposé par les professionnels, qui associerait une zone géographique et un procédé de fabrication. Une centaine de savoir-faire français seraient concernés, du couteau Laguiole, des porcelaines de Limoges, aux dentelles de Calais, en passant par le savon de Marseille. Pour le maître savonnier Daniel Boetto, c’est une bonne nouvelle. Le savon de Marseille dit-il, « c’est uniquement des huiles, de l’eau et de la soude. C’est ça que l’on essaye de protéger aujourd’hui, notre savoir-faire, celui que mon père m’avait transmis, qui lui-même l’avait acquis de son propre père. A l’époque, les savonniers ne l’avait pas protégé et aujourd’hui, il y a une concurrence qui vient d’Asie et d’ailleurs, mais ce n’est pas du savon de Marseille ».
Vers une extension au niveau européen
Le texte concernant cette « indication géographique » est actuellement à l’étude au Conseil d’Etat. Une fois validé, il sera présenté avec le projet de loi sur la Consommation discuté avant l’été au parlement avec une application probable fin 2013 ou début 2014. Parallèlement, Sylvia Pinel est en discussion avec Michel Barnier, Commissaire européen au marché intérieur et aux services, pour l’étendre au niveau européen.
« On veut protéger un savoir-faire, pas ceux qui vendent du savon »
Nicolas Brun est directeur commercial des Savons Le Sérail, (15 salariés) l’une des quatre dernières savonneries demeurant dans l’aire Marseille. Cette indication géographique serait la bienvenue pour protéger son produit de la concurrence sauvage qu’il subit. « Aujourd’hui, explique ce professionnel du savon de Marseille, on trouve plus de faux que de vrais. Les savons viennent de Chine et de Malaisie. Etant donné que le terme "savon de Marseille" n’est pas protégé, il fait partie du domaine public, n’importe qui peut faire venir du savon déjà tout prêt d’Asie et marquer de façon éhontée : Savon de Marseille. Nous, c’est un procédé artisanal qui n’a pas changé depuis des générations. Il reste 4 savonneries. Nous c’est ce processus-là, avec les cinq étapes en chaudron et les matières premières bien définies que l’on veut protéger et non pas tous les gens qui vendent du savon dans les Bouches-du-Rhône et dans les alentours ».












