BFM

INFO RMC : Hamon veut mieux encadrer le rachat d'or

BFM J.V. avec Gwenaël Windrestin et Yann Abback
Pour l'instant, le vendeur n'a aucune protection, dans de nombeuses boutiques d'achat d'or, les cours de l'or ne sont pas mentionnés.

Pour l'instant, le vendeur n'a aucune protection, dans de nombeuses boutiques d'achat d'or, les cours de l'or ne sont pas mentionnés. - -

Téléchargez la nouvelle app BFM
INFO RMC : Le ministre de la Consommation Benoît Hamon veut une législation plus stricte du rachat d'or en France. Parmi les pistes, un délai de rétractation pour le vendeur. Selon une étude, dans 97% des boutiques, qui se multiplient depuis la flambée du prix de l’or, les estimations sont bien inférieures au prix réel. « On ne fait pas ça à la tête du client », assure pourtant une racheteuse.

Trop de dérives dans le rachat d’or ? Le ministre de la Consommation Benoît Hamon a demandé à plusieurs députés de se pencher sur une législation plus stricte du rachat d'or en France. Comme par exemple l'interdiction pour ces enseignes de faire des promos, ou encore l'instauration d'un délai de rétractation de 7 jours pour le vendeur, pour qu'il puisse changer d'avis.
Des mesures qui devraient rentrer dans le cadre de la loi sur la consommation, présentée mi-avril à l'Assemblée. Depuis la flambée du prix du métal précieux, qui avoisine aujourd'hui les 40 000 euros le kilo, les boutiques et les sites Internet de rachat d'or poussent comme des champignons. Selon le principal syndicat du secteur, leur nombre est passé de 1000 à 3000 en seulement 4 ans.

97% d’arnaques ?

Aujourd'hui, rien n'existe dans la législation pour protéger le vendeur. Conséquence, les dérives sont légion : selon l'Institut National de la Consommation (INC), qui a mené une étude à l'automne dernier dans 150 officines, dans 97% des cas, les estimations proposées par ces professionnels sont bien en dessous de celles préconisées par des experts : en moyenne, elles sont 20% inférieures aux prix réels, selon l’INC.

« On a toujours une suspicion »

Entre vendeurs et acheteurs d'or, il y a aujourd'hui beaucoup de méfiance. En début d’année, Alain avait besoin d’argent. Ce Lyonnais est allé dans une boutique de rachat d'or, mais il a finalement décidé de garder le pendentif de sa mère : « Je devais en avoir pour 150 ou 200 euros ; c’était pas assez par rapport à l’attachement sentimental et j’avais le sentiment qu’on ne trouvait pas beaucoup d’or, alors que je savais qu’il était de grande valeur. On a toujours une suspicion : est-ce réellement le prix auquel on pourrait vendre ce bijou ? ».

« On n’est pas des marchands de tapis »

Chrisitine De Gliantoni est la responsable d'une boutique de rachat d'or. Une législation supplémentaire est selon elle inutile car les règles sont déjà très strictes : « Dans un premier temps je fais une estimation au poids et selon le cours du jour, je vous annonce un prix global. On déduit la taxe de 8%, plus les frais de fonte et notre commission. On ne fait pas du tout ça à la tête du client, on n’est pas des marchands de tapis, on, est des gens sérieux, qui travaillons dans l’or, mais avec des lois ».

« On se laisse embarquer quand on voit les billets »

De son côté, Jean-Pierre Rochette, vice-président de l'UFC Que Choisir du Rhône, souhaite vivement cet encadrement des boutiques de rachats d'or car elle jouent, selon lui, avec la détresse de certains Français : « Vous avez des difficultés de fin de mois, le gosse qui est malade, il vous manque un peu d’argent… On a tous plus ou moins un petit bout de bijou, quelque part, qui ne sert pas… Vous avez besoin d’argent, et puis vous trouvez quelqu’un qui vous dit : c’est pas compliqué, vous allez voir, je vous le pèse, je vous l’estime, et on vous paye cash, y’a pas de problème, vous repartez avec l’argent ! Comment voulez-vous qu’une personne qui est aux abois, résiste ? Et la personne n’étant pas vraiment au courant de ce qui se passe, va se laisser embarquer parce qu’elle va voir les billets devant elle. Il n’y a pratiquement aucune boutique qui propose un prix de l’or correcte. Quand on a des décotes de 30 à 40%, c’est pas acceptable ».