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Hausse de 1,5% du PIB français en 2010

La croissance de l'économie française a été deux fois plus faible qu'attendu fin 2010, limitant à 1,5% son rebond sur l'ensemble de l'année après une contraction historique de 2,5% en 2009. /Photo d'archives/REUTERS/Thierry Roge

La croissance de l'économie française a été deux fois plus faible qu'attendu fin 2010, limitant à 1,5% son rebond sur l'ensemble de l'année après une contraction historique de 2,5% en 2009. /Photo d'archives/REUTERS/Thierry Roge - -

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par Marc Angrand

PARIS (Reuters) - La croissance de l'économie française a été deux fois plus faible qu'attendu fin 2010, limitant à 1,5% son rebond sur l'ensemble de l'année après une contraction historique de 2,5% en 2009.

Le produit intérieur brut (PIB) de la France a augmenté de 0,3% au quatrième trimestre, comme sur les trois mois précédents, montrent les chiffres préliminaires des comptes nationaux publiés mardi par l'Insee.

Vingt-huit économistes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne une croissance de 0,6% sur les trois derniers mois de l'année, un chiffre qui correspondait à la dernière prévision de la Banque de France. Les estimations des professionnels s'échelonnaient entre 0,3% et 0,7%.

L'Insee avait révisé à la baisse fin décembre les chiffres des deuxième et troisième trimestres, à 0,6% et 0,3% respectivement.

En Allemagne, où la reprise a été nettement plus forte qu'en France l'an dernier grâce au moteur des exportations, la croissance du PIB a atteint 0,4% sur octobre-décembre et 3,5% sur l'année .

Les premières estimations du PIB de l'Italie et de l'ensemble de la zone euro doivent être publiées dans la matinée .

Le détail des statistiques de l'Insee fait ressortir notamment une contribution négative de 0,8 point des stocks à la croissance du quatrième trimestre, les entreprises ayant visiblement repris le mouvement de déstockage interrompu au cours des deux trimestres précédents.

La consommation des ménages, elle, s'est accélérée, augmentant de 0,9% sur octobre-décembre par rapport à juillet-septembre, tout comme l'investissement des entreprises non financières (+0,6%).

En revanche, les dépenses d'investissement publiques ont diminué de 0,7%. Un repli qui reflète la fin des dépenses de relance mais aussi, avance l'Insee, l'impact des intempéries de la fin de l'année sur le secteur des travaux publics.

BERCY VISE TOUJOURS 2,0% POUR 2011

Les exportations ont augmenté de 0,8% mais les importations ont sensiblement diminué (-1,2%), permettant une contribution positive d'un demi-point du commerce extérieur à la croissance.

"La consommation des ménages a été très forte, principalement grâce aux ventes de voitures, les consommateurs profitant de la prime à la casse", commente Joost Beaumont, économiste d'ABN Amro.

"La contribution des exportations s'est nettement améliorée, la France profitant elle-aussi de la forte croissance du commerce mondiale, en Asie et en Allemagne en particulier."

Malgré la déception du quatrième trimestre, le gouvernement, qui avait espéré une croissance de 1,6% en 2010, allant un temps jusqu'à évoquer "un gros 1,6", maintient sa prévision d'une accélération de la croissance à 2,0% cette année.

Un chiffre nettement supérieur aux estimations des économistes: le consensus ressort à 1,5% seulement dans la dernière enquête Reuters le mois dernier.

"J'espère que le premier trimestre 2011 sera nettement meilleur, c'est ce que nous prévoit la Banque de France", a déclaré Christine Lagarde sur France 2 quelques minutes après la publication des chiffres de l'Insee.

La Banque de France a annoncé la semaine dernière prévoir une croissance de 0,8% au premier trimestre, un pronostic qui s'appuie notamment sur un net regain de confiance des chefs d'entreprise, illustré ces dernières semaines par plusieurs enquêtes.

Malgré la déception de la croissance au quatrième trimestre, le déficit public 2010 devrait être inférieur à 7,7% du PIB après 7,5% en 2009, a précisé Christine Lagarde. "Et pour l'année 2011, on doit impérativement tenir notre prévision de déficit à -6,0% parce qu'on doit absolument diminuer la dépense publique", a-t-elle dit.

Et les objectifs sont encore plus ambitieux pour 2012: le programme de stabilité financière transmis l'an dernier aux autorités européennes prévoit 2,5% de croissance et un déficit ramené à 4,6% du PIB, ce qui implique une rigueur budgétaire au moins égale à celle prévue cette année, en dépit des échéances électorales, généralement propices à des "cadeaux fiscaux".

Avec Vicky Buffery, édité par Patrick Vignal