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Frais ou transformé, le poisson cache des métaux lourds

BFM David Namias avec Kelly Laffin, Antoine Pollez
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Qu'il soit frais ou en boîte, en sauce ou au naturel, le poisson contient des métaux lourds toxiques pour l'homme. Est-il dangereux pour la santé? Tout dépend de la dose ingérée. Explications.

Du mercure, de l'arsenic, du cadmium, les poissons contiennent plusieurs métaux lourds qui selon la dose ingérée peuvent se révéler toxiques pour l'homme. Pour affiner cette réalité déjà connue, l'association 60 millions de consommateurs a analysé 130 produits de la mer parmi les plus consommés. Qu'il s'agisse de thon en boîte, de filets frais ou surgelés, de bâtonnets de surimi, de noix de saint-jacques ou rillettes et autres terrines, les résultats sont sans appel: tous sont contaminés.

Des analyses de 15 boîtes de thon par l'association ont révélé des traces de mercure, arsenic et cadmium "à des concentrations très différentes - du simple au sextuple - selon les références".

"Globalement, la conserve de thon de la marque Leader Price s’en sort le mieux. En revanche, pour le mercure, trois références dépassent la moitié de la valeur réglementaire, qui est de 1 mg/kg: Petit Navire, Capitaine Nat’ et Odyssée (Intermarché). L’arsenic présent dans la plupart des conserves analysées atteint même 1,7 mg/kg chez Capitaine Nat’, un taux près de six fois plus élevé que dans le produit Carrefour", relève l'association de défense des consommateurs.

En plus du filet que sont censées contenir les boîtes, les enquêteurs ont retrouvé des traces d'abats, d'ovocytes et d'arêtes qui n'ont, selon eux, rien à faire là.

L'accumulation de mercure chez les prédateurs

S'il est recommandé de ne pas consommer trop de poissons par semaine, toutes les espèces ne sont pas au même niveau.

Selon le docteur Alain Ducardonnet, consultant santé pour BFMTV, l'idéal est "un poisson maigre et un poisson gras" de façon hebdomadaire. Reste qu'il n'est pas équivalent, en termes de concentration des métaux lourds dans l'organisme, de manger de gros prédateurs tels le thon et le saumon et des espèces plus petites, sardines, maquereaux. Pour la nutritionniste Corinne Peirano, les variétés plus petites peuvent s'inscrire au menu jusqu'à "quatre fois par semaine".

Pourquoi discriminer les petits et gros poissons? Simplement car les doses de mercure chez un prédateur comme le thon s'accumulent tout au long de la chaîne alimentaire, au fur et à mesure que les gros avalent les petits. Une concentration qui suit le même principe chez l'homme.

Quelles conséquences pour la santé?

Pour Alain Ducardonnet, il n'est pas utile d'arriver à l'abstinence.

"Oui, il y a du mercure dans le poisson, mais à des zones infinitésimales". Ce métal, continue le médecin, "joue dans le fonctionnement des cellules et des enzymes". Mais ce métal peut être néfaste au "développement du cerveau, particulièrement celui du fœtus. Le femme enceinte doit manger du poisson en quantité limitée", insiste-t-il.

Des "conséquences neurologiques "anxiété, tremblements, effet sur la thyroïde". Des menaces sur notre santé qui restent "à relativiser" car, souligne le spécialiste, "tout à des conséquences sur notre santé".