BFM

Fessée: le gouvernement relance le débat

BFM Justine Chevalier
Laurence Rossignol, la secrétaire d'Etat à la Famille, souhaite "une éducation sans violence".

Laurence Rossignol, la secrétaire d'Etat à la Famille, souhaite "une éducation sans violence". - Martin Bureau - AFP

Téléchargez la nouvelle app BFM
La secrétaire de l'Etat à la Famille, Laurence Rossignol, veut faire évoluer la société pour mener à une "éducation sans violence". Elle plaide pour la fin de la fessée dans l'éducation des enfants.

Peut-on éduquer un enfant sans gifle ni fessée? La réponse est oui, pour Laurence Rossignol. La secrétaire d'Etat à la Famille vient de relancer le débat sur les châtiments corporels qui doivent, selon elle, être bannis de l'éducation des jeunes enfants. 

"L'interdiction et le code pénal ne sont pas mon sujet. Ce que je cherche à faire c'est que nous nous interrogions sur la place des punitions corporelles dans l'éducation, sur les conséquences pour les enfants et que ce sujet ne soit pas un non-sujet", a précisé Laurence Rossignol, mercredi matin sur RMC.

Lutter contre la maltraitance

Au coeur de cette grande réflexion souhaitée par la secrétaire d'Etat à la Famille, la prévention contre la maltraitance. "Je ne sais pas dire où est l'échelle de la punition corporelle sans conséquence et au moment où on basculerait dans la maltraitance", concède Laurence Rossignol.

Sans vouloir accabler les parents, la secrétaire d'Etat à la Famille veut se tourner vers une "éducation sans violence parce que c'est un bon outil pour lutter contre la prévention de la maltraitance". "La fessée c'est violent", attaque-t-elle. "Est-ce qu'un parent qui donne une fessée est un parent maltraitant? La réponse est non. Est-ce que la fessée est un acte de violence? La réponse est oui parce que tout acte d'intervention physique sur un individu, tout acte qui consiste à faire mal, est violent".

Faire évoluer les mentalités

Pour le moment, la secrétaire d'Etat ne parle pas de passer devant le Parlement pour faire voter l'interdiction des châtiments corporels en France, comme c'est le cas dans 28 autres pays dans le monde. "On ne fait pas évoluer les comportements à coup de code pénal", assure Laurence Rossignol, ajoutant que le gouvernement "n'interdisait pas mais on ouvre le débat". 

Avant d'opter pour la pédagogie. "Si un homme bat sa femme, on va intervenir", développe la secrétaire d'Etat sur RMC. "Si quelqu'un bat un animal, on va probablement intervenir mais il y a des êtres humains que l'on peut frapper". Avant de conclure: "J'ai autant l'impression d'intervenir en faveur d'un parent en détresse que d'un enfant en souffrance".

Un père condamné

En mai dernier, un amendement écologiste visant à interdire la fessée sur les enfants dans le cadre de la loi sur la famille avait été retiré. Les députés avaient obtenu l'engagement du gouvernement que cette question serait discutée "lors d'une prochaine proposition de loi". 

Car la fessée, c'est bien la punition au coeur de la polémique. En octobre 2013, un père de famille à Limoges avait été condamné à 500 euros d'amende avec sursis après avoir infligé une fessée "cul nu" à son fils.

>> La carte des pays qui ont interdit tout châtiment corporel: