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Faut-il vraiment un choc de compétitivité ?

BFM M. Chaillot avec Jamila Zeghoudi
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Le gouvernement avait annoncé un « choc de compétitivité » en baissant les charges des employeurs et en augmentant d’autres taxes, mais il semble reculer. Bonne ou mauvaise nouvelle ?

C’était un choc, massif, attendu par les entreprises, mais il risque de rester un vœu pieux. Le choc de compétitivité de la France a du plomb dans l’aile. Louis Gallois, ex-patron d'EADS et auteur du rapport sur la compétitivité sera reçu jeudi à Bercy pour rencontrer le ministre de l'Economie Pierre Moscovici, mais son rapport, qui doit être rendu public le 5 novembre, semble déjà enterré. Bien qu’il ait précisé vouloir s’en inspirer, le ministre de l’ Economie a affirmé mardi que les mesures du gouvernement pour améliorer la compétitivité des entreprises ne pèseront pas sur le pouvoir d'achat des Français. Car c’est bien ce qui dérange dans ce rapport : une baisse des charges de 30 milliards d'euros, dont 20 milliards pour les entreprises et 10 milliards pour les salariés, compensée par une hausse de la fiscalité, comme la TVA, la CSG et les taxes vertes.

« Une nouvelle chute de la consommation »

Pour le directeur du département économie de la mondialisation à l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) Henri Stardignac, ce recul est plutôt une bonne chose. « Le rapport préconisait de prendre 30 milliards aux ménages pour les transférer aux entreprises. Or, leur prendre alors que leurs revenus baissent déjà cette année et l’année prochaine, que la consommation stagne, se traduirait par une nouvelle chute de la consommation qui n’est absolument pas porteuse en Europe », estime-t-il.

« Le vrai courage serait de reprendre le code du travail »

Mais les entrepreneurs, eux, comptaient bien sur ce coup de pouce pour baisser leurs charges. François Chaulet, gérant associé dans la société de gestion de portefeuilles Montségur Finance, juge que « le gouvernement a tort de renoncer à ces mesures de compétitivité, elles sont essentielles ». Selon lui, le système actuel ne peut que nuire à la France. « La France a glissé dans les classements jusqu’à la 21e place contre la 18e en 2011, et c’est un glissement qui est continu. Oui, il faut baisser le coût du travail ». Et pour ça, la réforme doit être totale : « Le vrai courage, ce serait de reprendre le code du travail et dire on recommence tout sur 300 pages ».