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Essonne: évacués d'un hôpital désaffecté, des Roms attendent l'expulsion

BFM A. G. avec AFP (sujet vidéo: Mariam Pirzadeh et Francis Simoes)
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Quelque 170 Roms qui occupaient depuis lundi soir les locaux d'un ancien hôpital à Corbeil-Essonnes, ont regagné leur campement à Ormoy, qui doit être démantelé jeudi.

Dans quelques jours, ils n'auront nulle part où aller. Quelque 170 Roms, dont 90 enfants, qui occupaient depuis lundi soir les locaux d'un ancien hôpital à Corbeil-Essonnes, ont quitté le bâtiment mardi dans la soirée. Ils ont regagné leur campement à Ormoy, dans l'Essonne, qui doit être démantelé jeudi.

Des familles, essentiellement des femmes, des enfants et des personnes âgées, avaient pénétré dans un bâtiment vide de l'hôpital dans la nuit de lundi à mardi, tandis que les hommes restaient au campement du Moulin-Galant, situé à cheval sur les communes d'Ormois et Villabé, et visé par un arrêté d'expulsion.

Elles s'y étaient réfugiées pour "protéger les enfants" et "éviter qu'ils ne vivent le traumatisme d'une nouvelle expulsion au bulldozer", a expliqué Nicole Brulais, de l'Association de solidarité en Essonne aux familles roumaines et roms (ASEFRR). "Les Roms étaient à peine installés dans le bâtiment que la police est arrivée", a-t-elle ajouté. En fin de journée, mardi, elles ont donc quitté le bâtiment désaffecté qui appartient au Centre hospitalier sud-francilien, lequel a déposé une plainte contre X.

Piégés sans eau ni nourriture

Dans la journée, la police avait mis en place un cordon de sécurité pour éviter que d'autres personnes ne rentrent dans le bâtiment. "C'était impossible qu'ils y restent car personne ne pouvait entrer leur apporter de la nourriture. C'est une forme subtile de pression de la part des autorités", a estimé Colette Olczyk, de l'association ASEFRR. "Les choses ont empiré dans la journée, ils avaient faim. On ne pouvait pas apporter de lait pour les bébés. La situation ne pouvait pas se prolonger sans risque."

Selon l'association ASEFRR, la police doit procéder à l'expulsion du bidonville dans les jours qui viennent. Une partie de ce camp, installé illégalement en 2008 et où vivent entre 300 et 400 personnes, avait été démantelée en 2010.


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