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Emmaüs appelle à ne pas criminaliser la pauvreté

Extrait de la campagne d'Emmaus qui appelle à ne pas criminaliser la pauvreté

Extrait de la campagne d'Emmaus qui appelle à ne pas criminaliser la pauvreté - -

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De plus en plus d'arrêtés "anti-mendicité" ou "anti-glanage" sont pris dans les communes. Selon l'association Emmaüs, ces mesures ne résolvent en rien le problème.

Emmaüs a lancé jeudi une campagne pour interpeller les maires en amont des élections municipales, leur demandant de ne "pas criminaliser la pauvreté" avec des arrêtés "anti-mendicité", "anti-glanage" ou "anti-bivouac".

Un sans-abri, portant une couverture et un sac en plastique, se fait chasser par un vigile; un autre, fouillant les poubelles, est interpellé par des policiers: les affiches et les films de la campagne "la pauvreté n'est pas un crime", sont explicites. "Pénaliser la misère ne fait que renforcer l'exclusion, ne nous trompons pas de combat", ont affirmé les responsables de l'association.

"Stigmatisation des exclus"

Cette campagne a été initiée par la Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les sans-abri il y a un an, a précisé son directeur, Freek Spinnewijn. "La criminalisation des sans-abri est en hausse presque partout en Europe" et se manifeste "surtout au niveau local", avec "la multiplication d'actions policières ou d'arrêtés anti-mendicité", a-t-il expliqué.

Pour Christophe Deltombes, président d'Emmaüs France, "l'opposition 'à la France des assistés' a entraîné une stigmatisation des exclus".

Regrettant qu'on oppose "bons pauvres" qu'on "ne voit pas", et "mauvais pauvres" plus visibles dans des "squats, tentes, cabanes", qui mendient et fouillent les poubelles, Deltombes veut "inciter les futurs candidats aux élections municipales à se positionner".

Amende allant jusqu'à 38 euros

Sur le site lapauvreténestpasuncrime.fr, il invite les citoyens à "repérer dans les villes les dispositifs criminalisants" pour les sans-abri afin d'interpeller les élus.

Le code pénal a supprimé en 1992 le délit de mendicité et de vagabondage mais "plusieurs mairies ont pris le relais", a souligné Christophe Robert, délégué général adjoint de la Fondation Abbé Pierre, citant un arrêté anti-bivouac à Bordeaux, d'arrêtés anti-mendicité à Marseille ou Nice ou d'un arrêté anti-glanage à Nogent-sur-Marne. Ces arrêtés permettent d'établir une contravention et une amende allant jusqu'à 38 euros.