Élevages de porcs: les associations continuent de pointer du doigt des conditions effrayantes

Plusieurs associations continuent de lutter et de dénoncer les conditions des élevages intensifs des porcs, très souvent décriées, mais qui représentent 95% de la viande consommée en France.
Certains infiltrent les fermes, à l'image de William, militant de la cause animale et président de l'association Dxe, qui a décidé de rentrer avec deux confrères dans un élevage de Bretagne.
"On sait que c'est illégal, on n'est pas censé rentrer chez les gens mais on ne fait pas ça pour le plaisir", assure le jeune homme.
Pour cette opération, les militants ont attendu la tombée de la nuit. S'ils parviennent à rentrer sans difficulté, c'est qu'ici les portes des bâtiments ne sont pas sécurisées. Environ 5500 porcs et truies sont enfermés dans les "conditions légales" de l'élevage intensif.
Des porcelets vivants avec les morts
Sur les images tournées par nos équipes, on peut observer des truies dans ce que les éleveurs appellent des "maternités". Les maternités, ce sont les espaces dédiés aux bêtes lorsqu'elles ont mis bas. Elles sont enfermées dans des cages d'allaitement desquelles elles peuvent à peine se relever. Dans ces conditions de vies, de nombreux porcelets meurent: leur taux de mortalité est de 20%.
Lorsqu'ils meurent, ces porcelets doivent être conservés par les éleveurs, selon la législation, dans des box réfrigérés. Seulement, sur les images tournées par BFMTV, les porcelets vivants côtoient les morts, les porcs vivent confinés et certains toussent du fait des émanations d'ammoniac issues de la fosse septique où se trouve leurs propres d'éjections.
L'éleveur, qui a accepté de nous recevoir de façon anonyme, s'explique après le visionnage de ces images:
"Je comprends que la vidéo puisse être choquante pour quelqu'un qui ne connaît pas mais moi personnellement ça ne me choque pas du tout. Je pense que ces photos-là on peut les avoir dans tous les élevages", juge ce dernier.
"Contrôlés par les services de l'Etat"
De son côté la coopérative qui achète des porcs à cet éleveur et produit ensuite ses propres images publicitaires, bien loin de la réalité des élevages intensifs, assure procéder à ses propres contrôles:
"La coopérative procède à ses propres audits, c'est notre responsabilité qui serait engagée si on avait un irrespect d'un cahier des charges (...) Les éleveurs sont aussi contrôlés par les services de l'Etat", explique-t-elle.
Des contrôles apparemment insuffisants puisque sur la centaine d'élevages que l'association DxE explique avoir visité illégalement, les mêmes conditions ont été constatées.












