Pour Bernard Fripiat, la réforme de l'orthographe "frise le sadisme"

Votée en 1990, la réforme de l'orthographe va finalement s'appliquer. A la rentrée prochaine, près de 2.400 mots seront simplifiés. Parmi eux, "nénuphar" deviendra "nénufar", "oignon" perdra son i, ou l'accent circonflexe ne sera plus obligatoire sur les lettres u et i.
Cette refonte de la langue française ne plaît pas forcément à ses spécialistes. Invité de BFMTV, le coach en orthographe Bernard Fripiat a affirmé qu'elle ne "servait à rien". "Qui a déjà utilisé le mot nénuphar, dans sa vie, au boulot, au jardin des plantes?", a-t-il plaisanté.
Pour l'auteur de Au commencement était le verbe, ensuite vint l'orthographe, les nouvelles technologies ont considérablement simplifié l'approche de la langue. "Cette réforme aurait été justifiable il y a 30 ans, quand une dactylo oubliait un chapeau, elle devait tout retaper", a-t-il expliqué. Elle est encore moins pertinente avec les smartphones et tablettes, qui ont tous un correcteur automatique intégré. Pour Bernard Fripiat, "maintenant que ces mots ne causent plus aucun problème, on va les simplifier. On frise le sadisme."
"On ne décrète pas l'orthographe, on la suit"
Au final, cette réforme n'a qu'un seul objectif: "éviter les 0 pointés en dictée". Mais ce n'est pas la méthode à adopter. "On pourrait décider que l'oubli d'accent circonflexe ne serait plus sanctionné", a suggéré le coach en orthographe, qui a assuré que seul le temps est habilité à modifier la langue française.
"Elle doit évoluer par elle-même. Prenez l'exemple des traits d'union aux chiffres, plus personne ne les met, on doit suivre. On a l'impression que quelques personnes se sont levés un matin en disant "Je vais rentrer dans l'histoire, je vais décréter". On ne décrète pas l'orthographe, on la suit", s'est-il emporté.











