Maternelles : vers un développement de l’accueil des moins de 3 ans

3 000 enseignants supplémentaires vont être affectés à l'accueil des enfants de moins de 3 ans dans les maternelles - -
Faut-il développer l'accueil en maternelle pour les moins de trois ans ? C'est en tout cas l'objectif d'une circulaire envoyée cette semaine au personnel enseignant. Le candidat François Hollande l'avait promis : le nombre des moins de trois ans accueillis en maternelle doit tripler pour lutter contre l'échec scolaire dans les milieux défavorisés, et trois mille postes créés durant le quinquennat vont être dédiés à ce but. En effet, après les précédentes suppressions de postes, la scolarisation des enfants de trois ans a chuté dans la dernière décennie, passant de 34,5% en 2000 à 13,6% en 2010. La circulaire donne aux personnels enseignants les grandes lignes de cette réforme, tout en restant floue sur les moyens mis en œuvre. Elle précise néanmoins que « la scolarisation avant trois ans doit être privilégiée dans les secteurs de l’éducation prioritaire et dans les secteurs ruraux isolés ».
« Une solution intéressante »
Pour Agnès Florin, professeur en psychologie de l'enfant à l'Université de Nantes et auteur de plusieurs études sur ce sujet, le projet de François Hollande ne peut être que bénéfique aux enfants. « On a pu démontrer que l’école, pour les tout-petits, était une solution intéressante. L’effet bénéfique, on le voit dans la réduction des taux de redoublement, dans de meilleurs résultats à l’entrée au CP et qui dure encore plusieurs années, même si ça ne compense pas les écarts importants liés au milieu social, ou au trimestre de naissance ».
« C’est encore presque un bébé »
En revanche, « la scolarisation précoce n’est pas susceptible de baisser l’échec scolaire, estime Pierre Martin, le sénateur UMP de la Somme qui avait participé en 2008 à la rédaction d’un rapport parlementaire sur le sujet. Nous sommes un pays où l’on scolarise beaucoup plus tôt qu’ailleurs. Un enfant qui a deux ans, c’est encore presque un bébé. A ce titre, il mérite des traitements adaptés à son âge. Nous avions proposé ce qu’on appelle des jardins d’éveil, avec du personnel formé pour cela ».
« C’est une première amorce »
Reste maintenant à mettre la réforme en place. Sébastien Sihr, le secrétaire général du SNUipp-FSU, premier syndicat des enseignants du primaire, reconnaît l’effort du gouvernement. « 3 000 postes sur 5 ans, ce n’est pas rien, c’est une première amorce. Ceci étant, il faut que cette scolarisation soit adaptée, que ce ne soit pas des classes de 30 mais des classes à effectif réduit, avec du personnel, professionnellement formé. Le ministère de l’Education nationale devra mettre en place une véritable formation des enseignants du premier degré pour qu’ils puissent comprendre ces jeunes enfants, avec du matériel adapté ».











