BFM

Bizutage: Vallaud-Belkacem pointe des "dérives" persistantes à l’Ensam

BFM V.R. avec Véronique Fèvre et Nicolas Béhar
placeholder video
La ministre de l’Education tape du poing sur la table contre le bizutage à l'Ensam. Humiliation, épreuves épuisantes… La prestigieuse école d'ingénieur devra changer de gouvernance après un nouveau rapport dénonçant des "dérives" lors de d’intégration des étudiants de première année.

A l'Ecole nationale supérieure des arts et métiers (Ensam) une prestigieuse école d’ingénieur, on appelle les rites d’intégration subis par les nouveaux élèves "l’usinage". Mais pour Louise, une ancienne étudiante de première année, ces pratiques relèvent plutôt du harcèlement:

"Il fallait citer dans un certain ordre les noms des deuxième année. Il fallait également réciter par cœur des codes", se souvient la jeune femme. "Quand pendant deux mois, quasiment tous les soirs, on entend pendant des heures qu’on est nul, on perd vraiment confiance en soi. Je voulais tout abandonner, je voulais juste que ça s’arrête."

Des réveils nocturnes parmi les dérives épinglées

Louise finira par quitter son campus, comme d’autres étudiants. C’est ce qui apparaît dans un rapport de l'Inspection générale de l'Education nationale et de la recherche (IGAENR). D’autres pratiques y sont dénoncées comme les réveils nocturnes, avec obligation de rester debout pendant des heures. La faute, selon les rapporteurs, aux anciens élèves, les "gadzarts", dont les ministres de l’Education et de l'Enseignement supérieur entendent désormais réduire le pouvoir au sein de l’école.

Rappelant que le bizutage est un délit interdit par la loi depuis 1998, Najat Vallaud-Belkacem et Thierry Mandon ont annoncé mercredi dans un communiqué qu'ils allaient "engager une réforme de la gouvernance de l'Ensam" afin de "rééquilibrer les pouvoirs au sein du conseil d'administration" et de limiter ainsi "l'influence excessive" de l'association des ingénieurs Arts et métiers.

Selon les ministres, cette association d'anciens élèves "empêche la direction générale de s'engager dans une politique volontariste pour lutter contre ces dérives". Ils indiquent également avoir demandé à leurs services "d'étudier rapidement les suites qui doivent être données aux faits relevés".

Réduire le pouvoir des "gadzarts"

"La ministre dit enfin ce que nous on dit depuis des années. L’influence des anciens élèves est beaucoup trop importante. De rééquilibrer le conseil d’administration en enlevant quelques 'gadzarts', ça redonnera du poids au directeur de l’école", salue Françoise Mougin, secrétaire générale du Comité national contre le bizutage.

Le directeur de l’Ensam, conforté dans ses efforts, déclare de son côté vouloir travailler avec les élèves pour mieux encadrer les période d’intégration et mettre fin aux dérives.