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Drones à la centrale de Belleville: deux gardes à vue prolongées

BFM Jé. M.
Le procureur de la République à Bourges s'exprime au lendemain de l'interpellation de trois jeunes près de la centrale nucléaire de Belleville, dans le Cher.

Le procureur de la République à Bourges s'exprime au lendemain de l'interpellation de trois jeunes près de la centrale nucléaire de Belleville, dans le Cher. - Capture BFMTV

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Selon le procureur de la République de Bourges, rien ne permet de lier les personnes interpellées avec des drones mercredi près de la centrale nucléaire de Belleville, dans le Cher, avec les récents survols de réacteurs recensés un peu partout en France.

Ils n'avaient aucune revendication spécifique. Deux jeunes hommes, âgés de 24 et 31 ans, ont vu leur garde à vue renouvelée ce jeudi, après leur interpellation, mercredi, aux abords de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire, dans le Cher, en possession de deux drones.

Le procureur de la République à Bourges, Vincent Bonnefoy, qui a fait cette annonce, a par ailleurs insisté sur le fait qu'il n'y a aucun élément qui pourrait permettre de relier ces deux hommes dans la récente et mystérieuse série de survols de réacteurs un peu partout en France. "Ces vols n'ont pas de lien avec les autres sites nucléaires survolés depuis début octobre en France", a-t-il assuré.

"Ce ne sont pas des activistes en lien avec une organisation écologiste ou tout autre", a précisé le procureur. "Il n'ont pas agi par provocation, ou pour démontrer quoi que ce soit au niveau de la sécurité de la centrale nucléaire", a-t-il encore ajouté.

De "très brefs vols" à basse altitude

Comment ont-ils expliqué leur présence à proximité d'une centrale nucléaire, équipés de drones? "C'est leur goût pour le modélisme qui les a poussés à juger bon de venir sur le lac bordant la centrale", a jugé le procureur, une pointe de scepticisme dans la voix. "Les drones devaient filmer un bateau télécommandé, leur appartenant. Il y a eu des vols à basse altitude, très brefs, quelques minutes".

Une imprudence?

Le procureur a par ailleurs affirmé que les deux tours de la centrale n'avaient pas été survolées. Cependant, des vols ont bien eu lieu à 200 mètres des bâtiments, alors que la législation les interdit dans un rayon de 5 kilomètres.

Pour se défendre, les deux gardés à vue ont expliqué aux enquêteurs ne pas avoir eu conscience de l'illégalité du site.

Une jeune femme hors de cause, deux gardes à vue prolongées

Si le procureur a jugé crédible la piste de la passion pour le modélisme, il a toutefois estimé que les deux interpellés devaient encore donner d'autres explications. "On peut aussi penser que c'est un peu déconcertant de trouver que le lieu le plus adapté pour se livrer au modélisme est la seule centrale nucléaire du département", a nuancé le procureur de la République. C'est à ce titre que leur garde à vue a été prolongée pour les besoins de l'enquête.

La troisième personne arrêtée, une jeune femme de 21 ans, a eu un rôle passif au moment des faits et n'est plus, elle, en garde à vue.

Jusqu'à un an de prison

Pour les deux autres gardés à vue, si la piste de l'imprudence n'est pas retenue par les enquêteurs et s'il y a mise en examen pour survol d'une centrale nucléaire, ce qui est interdit par le code des transports, ils risquent une peine qui peut s'élever jusqu’à un an de prison.