Des "Jungle Lawyers" au secours des migrants de Calais

Ils sont allés à la rescousse des réfugiés. Alors que le démantèlement de la "Jungle" de Calais approche, une cinquantaine d'avocats venus de toute la France se sont déplacés pour enseigner quelques conseils juridiques aux migrants. Le principal thème abordé a été l'interpellation.
Des conseils pointus
Les défenseurs ont tenu à renseigner au mieux les migrants qui ne connaissent pas forcément tous leurs droits. Ils ont notamment eu pour mission de munir les réfugiés d'un formulaire à remettre aux policiers en cas d'interpellation, précisant ainsi leur identité, ainsi que leur volonté de bénéficier d'un avocat, d'un interprète et d'un examen médical, mais pas que.
"Traducteurs, avocats, docteurs, prévenir un membre de la famille et essayer de faire en sorte que les policiers soient obligés de respecter les droits que les personnes présentes dans la "Jungle" et arrêtées feront valoir", a déclaré Julien Brel, avocat au barreau de Toulouse.
Flor Tercero, une Toulousaine, a quant à elle tenté d'apprendre aux migrants comment réagir en cas d'interpellation. Malgré la barrière de la langue, l'initiative a été accueillie avec enthousiasme. "Ils sont très réceptifs", a-t-elle affirmé avant de souligner que les réfugiés ont été "conscients qu'il va y avoir une grosse opération de police et qu'il faut vraiment qu'ils puissent avoir les possibilités d'exercer leurs droits".
Pour ces juristes, les migrants sont particulièrement vulnérables. Pour preuve, "il y a deux ans, une opération massive a fait renoncé à 800 personnes d'exercer la totalité de leurs droits", déplore Norbert Clément, avocat de l'association de Défense du droit des étrangers.
Un démantèlement à retardement
Après l'annonce de son ministre de l'Intérieur, François Hollande a confirmé le démantèlement définitif du camp insalubre d'ici la fin de l'année 2016. Sans apporter de date précise, le président de la République, en visite pour la première fois de son quinquennat à Calais, a promis qu'il serait rapide et entier. Pourtant, il ne cesse d'être repoussé, ce qui profite aux associations se battant pour les droits des adultes et des mineurs non accompagnés.
Au total, 14 réfugiés mineurs doivent retrouver ce lundi leurs proches au Royaume-Uni, pendant que les premières plaques du mur végétal "anti-intrusions" sont posées pour protéger les accès au port de Calais des tentatives de passage clandestines.












