Des défilés du 1er-Mai clairsemés

Les défilés du 1er-Mai en France, ici à Paris; ont été marqués par une mobilisation limitée. /Photo prise le 1er mai 2011/REUTERS/Jacky Naegelen - -
PARIS (Reuters) - Les défilés du 1er-Mai en France ont été marqués dimanche par une mobilisation limitée.
L'échec des manifestations de l'automne contre la réforme des retraites a laissé des traces et les salariés attendent la présidentielle de 2012 pour exprimer leur ras-le-bol dans les urnes, ont avancé des syndicalistes et des personnalités de l'opposition.
"On est à un an d'une élection très importante et beaucoup de salariés ont le sentiment que ça va se jouer l'année prochaine par les bulletins de vote, ce qui est quand même largement vrai", a déclaré François Hollande, candidat à l'investiture socialiste pour la présidentielle, dans le cortège parisien.
"La seconde raison, c'est qu'il y a eu beaucoup de manifestations, notamment pour les retraites, avec, hélas, le sentiment que le gouvernement n'entendait rien, mais je ne veux pas qu'on oublie cette fête et ce qu'elle signifie", a-t-il ajouté.
Le pouvoir d'achat, le chômage et les suppressions de postes dans la fonction publique étaient au menu des quelque 200 manifestations organisées à travers le pays avec également un autre thème d'actualité dans les cortèges, le soutien aux soulèvements qui agitent plusieurs pays arabes.
Les syndicats CGT, CFDT, FSU, Solidaires et Unsa ont défilé ensemble tandis que, comme les années précédentes, Force ouvrière (FO) et la CFTC faisaient bande à part.
"Si nous n'avons pas voulu défiler avec les autres cette année, c'est parce que nous n'avons pas aimé leur attitude durant le combat pour les retraites mais aussi parce que le temps n'est pas aujourd'hui aux défilés, aux gesticulations, mais plutôt aux prises de positions concrètes", a dit à Reuters le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly.
Les syndicats voulaient relever un autre défi, celui du Front national qui, selon de récents sondages, progresse dans le monde ouvrier.
Marine Le Pen a emmené pour la première fois en présidente du Front national le traditionnel défilé du 1er-Mai à Paris où elle s'est posée en porte-drapeau des classes populaires face aux syndicats.
Aux cris de "Liberté", le thème de ce 1er-Mai frontiste, plusieurs milliers de sympathisants ont marché de la place de l'Opéra jusqu'à celle des Pyramides, où se trouve la statue de Jeanne d'Arc, égérie de l'extrême droite.
Le défilé était plus fourni que l'an dernier, sans atteindre les grandes foules des années 1990. Il a rassemblé 3.200 personnes selon préfecture de police et 20.000 selon le FN.
L'année dernière, la manifestation avait réuni 2.000 personnes selon la police et 8.000 d'après le Front national.
Patrick Vignal












