Contraception : l’accès à la pilule de 3e génération pourrait être restreint

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Et si, au lieu de favoriser l’accès aux moyens de contraception au plus grand nombre, on restreignait la possibilité de s’en procurer un ? C’est ce qu’envisage l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) qui voudrait limiter la prescription de la pilule de 3e génération aux seuls spécialistes, gynécologues ou endocrinologues, en raison de risques sanitaires. Une concertation sur le sujet va être lancée dès ce mercredi avec les professionnels.
La contraception de 3e génération, utilisée par 1,5 à 2 millions de femmes, pourrait provoquer des risques thrombo-emboliques, c’est-à-dire l'altération des vaisseaux sanguins. Récemment, Marion Larat, une jeune femme de 25 ans a porté plainte au Tribunal de grande instance (TGI) de Paris. Handicapée à 65% depuis un AVC (accident vasculaire cérébral), elle impute son accident à cette fameuse pilule de 3e génération et selon ses avocats, les plaintes de 30 autres femmes seraient déposées début janvier.
« Que la patiente soit informée des risques »
« Il faut éviter que des femmes jeunes, en bonne santé, se retrouvent avec un risque de pronostic vital engagé par un accident vasculaire cérébral ou une embolie pulmonaire massive, explique Gérard Bapt, député UMP de Haute Garonne. Il est question d’adapter la prescription, avec le moindre risque, et que la patiente soit informée de ce risque. Il faut que les professionnels de santé tiennent compte, dans leurs prescriptions, de ces éléments de sécurité sanitaire ».
« Une mesure catastrophique pour les femmes »
Pourtant, certains spécialistes s’inquiètent de ces mesures qui pourraient limiter l’accès à la contraception. « Je ne trouve aucun argument pour prendre une telle mesure, catastrophique pour les femmes, s’indigne le Professeur Israel Nisand, chef du service Obstétrique du CHU de Strasbourg. Au lieu de pouvoir avoir leur prescription par leur généraliste, elles devront aller voir un spécialiste, ce sera encore plus difficile pour elles d’accéder à une contraception. L’année dernière on disait qu’il n’y avait même pas besoin de médecin pour prescrire, qu’une sage-femme ou une infirmière pouvait aussi bien le faire, que les pharmaciens pouvaient distribuer librement la contraception, je ne comprends pas ».












