Cantine impayée : le père de la fillette expulsée assure le contraire sur RMC

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Pourquoi Léa, 5 ans, scolarisée dans une école d'Ustaritz dans les Pyrénées-Atlantiques, a-t-elle été conduite mardi par une policière municipale au commissariat pour cantine impayée ? Ses parents, en instance de divorce, n'auraient pas réglé la note de la cantine (170€). La scène s'est passée devant ses petits camarades éberlués, qui ont cru que leur camarde Léa serait emprisonnée. La policière a suivi un ordre de la mairie, qui gère la cantine scolaire. Le syndicat policier SNPM-FO l'a défendue jeudi : « La responsabilité en incombe au maire. Il faut savoir que quand un fonctionnaire de police municipale estime qu'un ordre est illégal, il doit d'abord l'exécuter, à partir du moment où il ne provoque pas un trouble à l'ordre public, et ensuite le signaler », a expliqué Frédéric Foncel, secrétaire général du SNPM.
« Un acte de violence scandaleux »
Le ministre de l'Education nationale Vincent Peillon a parlé jeudi d'un « acte de violence scandaleux ». Il demande par conséquent aux élus de ne pas s’attaquer aux enfants. Le défenseur des droits, Dominique Baudis, lui aussi « profondément choqué », a annoncé avoir décidé d'ouvrir une enquête dénonçant « un manque de discernement et de solidarité ». Le maire de la commune, Dominique Lesbats, a quant à lui regretté « le déroulement des événements » mais a souligné que « la mère avait été avertie mardi qu’elle devait venir chercher sa fille, qui ne pouvait pas déjeuner à la cantine » et que cette dernière n'est finalement « pas venue ».
« La cantine a bien été payée »
De son côté le père de la petite Léa ne décolère pas. Ce vendredi sur RMC il assure que la cantine a bien été payée. « Ma fille va bien, elle se remet, a-t-il confié. J’ai appris cette histoire en recevant un coup de fil de la maman qui était un peu choquée, ce sont ses mots. A ce moment-là, je n’ai pas compris, je me suis posé des questions. J’ai appelé la mairie et là, je n’ai pas eu le même discours que celui de la maman de Léa dont je suis séparé. A la mairie, il m’ont d’abord assuré que personne n’était venu chercher ma fille. Mais j’ai rappelé mon ex-compagne qui m’a infirmé ces informations : un policière municipale est bien venue chercher ma fille à l’école et ne trouvant pas la mère de Léa à son domicile car celle-ci l’attendait à l’école, l’a déposée au commissariat ». Interrogé sur le paiement de la cantine qui n’aurait pas été versé, le père de Léa affirme vigoureusement ce vendredi sur RMC : « C’est tout simplement faux ». « Ce qu’il s’est passé, poursuit-il, c’est qu’en 2011, il y a du avoir un impayé. Comme tous les couples avec un enfant qui sont séparés, je verse une pension alimentaire à la mère de Léa. Là-dessus, je ne suis pas destinataire des courriers qu’elle reçoit. Entre juin et septembre, la mairie m’a rappelé en me disant qu’il y avait des impayés et qu’il était impossible dans cette situation d’inscrire Léa à la cantine. De suite, j’ai réglé la note. La cantine scolaire a bien été payée entre juin et septembre 2012 ».
« Totalement contraire au droit de l’enfant »
Pour les parents d’élèves aussi cette histoire est difficile à comprendre. « La bêtise est une valeur très bien partagée, ironise Jean-Jacques Hazan, secrétaire général de la FCPE, principal syndicat des parents d'élève. Je pense que là, on a atteint des sommets. Il y a des gens qui ne se rendent pas compte de ce que l’on doit faire ou ne pas faire avec des enfants. Le premier rapport avec la justice, c’est pour une faute qu’il n’a pas commis lui. On l’emmène comme si il allait en prison. C’est ça que l’enfant a vécu. C’est un rejet total de tout ce qu’il peut y avoir dans la convention internationale des droits de l’enfant. On marche complètement sur la tête avec cette histoire ».












