Bus caillassés : le 93 bientôt bloqué ?

Les conducteurs des bus TRA Veolia menacent de bloquer le département de Seine-Saint-Denis - -
Trois bus ont été de nouveau pris pour cible à Tremblay-en-France (le 31 mars, un véhicule avait déjà été incendié), en Seine-Saint-Denis ce mercredi soir puis dans la nuit. L’un d’eux était pourtant précédé d’un véhicule de police, selon les dispositions prises par le ministre de l'Intérieur. Brice Hortefeux est en effet venu mercredi, préciser sur place son plan de sécurisation des transports qui passera notamment par le renforcement de la vidéosurveillance et la création d'une task force.
« Nous avions déjà prévenu que ce ne serait pas suffisant »
L'incendie d'un bus à Tremblay le 31 mars, en réaction à une opération anti-drogue, avait suscité une vive émotion et les chauffeurs avaient obtenu de pouvoir bénéficier d'escortes policières pour les lignes présentant le plus de risques. Mais au lendemain de ces nouveaux caillassage, Ben Abdelmalek, délégué du personnel a déclaré : « Nous avions déjà prévenu que ce ne serait pas suffisant ».
« Si l’Etat ne bouge pas, on paralyse le 93 ! »
Les bus caillassés ce mercredi soir, appartenant aux Courriers d'Ile de France (CIF), circulaient sur les lignes 15 (celle sur laquelle circulait le bus incendié le 31 mars) et 45 lorsqu'ils ont été pris pour cible par divers projectiles. Les conducteurs de la CIF ont ce matin déclaré leur droit de retrait et leurs bus ne circulent plus.
Anis, chauffeur de bus depuis 3 ans et délégué Unsa Transports à la TRA Véolia (Transports Rapides Automobiles), était ce matin au micro de Jean-Jacques Bourdin. Très remonté, il a expliqué : « Le ministre de l’Intérieur n’a pas parlé de nous, les Veolia Transports et Courriers d'Ile de France, qui couvrons les départements 93 (Seine-Saint-Denis), 91 (Essonne) et 77 (Seine-et-Marne), des secteurs très sensibles et dangereux.
Donc, s’il n’y a pas de réaction, si l’Etat ne bouge pas vraiment rapidement, on va tous se mettre en arrêt complet et on paralyse le 93. Parce que franchement, les conducteurs, ils travaillent avec la peur au ventre. »
« Notre clientèle et nous, méritons d’être protégés »
Une peur que confirmait déjà Sidy Gallou, conducteur de bus depuis 8 ans à la TRA Véolia, au micro de Nicolas Marsan, en reportage à Tremblay pour RMC avant ces nouveaux invidents. Convaincu lui aussi que les annonces de Brice Hortefeux ne vont pas changer son quotidien, il expliquait : « j’ai toujours travaillé dans cette tension. Mais il ne faut pas que ça devienne normal. On met de l’argent pour sécuriser la SNCF et la RATP. Mais nous, on prend des risques phénoménaux. Parfois, si on a le malheur d’avoir un regard et on nous tombe dessus. De par notre courage de rentrer dans ces cités violentes, on mérite d’être protégés et de protéger nos lignes et notre clientèle. »












