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Banlieues: "Oui, des choses ont été faites", affirme Fadela Amara

BFM Jé. M.
Fadela Amara, ancienne Secrétaire d'Etat chargée de la Politique de la Ville, était l'invitée de BFMTV ce lundi matin.

Fadela Amara, ancienne Secrétaire d'Etat chargée de la Politique de la Ville, était l'invitée de BFMTV ce lundi matin. - BFMTV

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Secrétaire d’État chargée de la Politique de la Ville de 2007 à 2010 sous la mandature de Nicolas Sarkozy, celle qui a été également présidente de "Ni putes Ni soumises" était l'invitée d'Apolline de Malherbe ce lundi matin.

Elle préfère voir le verre à moitié plein. Dix ans après les émeutes qui ont embrasé les banlieues de France, à la suite de la mort de Zyed et Bouna le 27 octobre 2005, comment a évolué la situation dans les quartiers? Ancienne secrétaire d’État chargée de la Politique de la Ville de 2007 à 2010 sous la mandature de Nicolas Sarkozy, Fadela Amara était l'invitée d'Apolline de Malherbe, ce lundi matin. 

"Il faut du temps"

Aux commandes du plan Espoir Banlieues, présenté au début de l'année 2008, celle qui a été également présidente de l'association Ni putes Ni soumises refuse le fatalisme. "Oui, des choses ont été faites" pour les banlieues, a affirmé Fadela Amara.

"Mais il reste encore beaucoup à faire, notamment sur la question du chômage, qui est un fléau dans nos quartiers, et qui est la question centrale." 

Mais au-delà de l'argent injecté "sur l'éducation prioritaire ou la rénovation urbaine", a-t-elle notamment cité, y-a-t-il eu un réel changement? "Les résultats peuvent être au rendez-vous, mais il faut du temps", a-t-elle concédé. "Il y a des dispositifs qui marchent, comme le contrat d'autonomie, par exemple."

"Il faut de la continuité" A plusieurs reprises, la Cour des comptes a taclé les différentes politiques de la Ville menées depuis des années. Et notamment ce chiffre de 150 milliards d'euros, investis depuis près de 40 ans. Une critique que refuse Fadela Amara.

"Je vous retourne la question? 'Dans quel état on en serait, aujourd'hui, si on n'avait pas fait tout ça?"

Au contraire, l'ancienne ministre appelle ses successeurs à ne pas baisser les bras. "On a fait des choses sous la droite, ils font des choses sous la gauche, il faut de la continuité. C'est toute la complexité de la politique de la Ville."

"C'est naturel d'aller dans les quartiers"

Alors que Manuel Valls est en tournée aux Mureaux avec d'autres membres du gouvernement, de quelle manière peut-être apprécier une telle communication? "C'est important, car c'est symbolique", juge Fadela Amera. "En politique, tout est symbolique."

"Quand un président de la République se déplace dans les quartiers, ça veut dire quoi? Quelque soit sa couleur politique, ça veut dire qu'il vient au rendez-vous des gens, pour les rencontrer, pour discuter, pour échanger, qu'il vient apporter des choses."

Mais est-ce seulement compris pour les habitants de ces quartiers défavorisés? Pour l'ancienne secrétaire d'Etat, ça ne fait pas de doute. "Ce message peut aussi être compris comme 'on ne nous laisse pas tomber, on nous abandonne pas, on vient nous voir, et on vient nous écouter'".

Et d'ajouter. "Il n'y en a pas beaucoup qui se déplacent dans les quartiers'. Fadela Amara, toutefois, refuse de qualifier la venue de François Hollande à la Courneuve comme "un acte courageux", ainsi que l'a décrite l'actuel ministre de la Ville socialiste, Patrick Kanner.

"C'est naturel d'aller dans les quartiers", a-t-elle martelé.