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1 médecin sur deux proche du burnout: "Je faisais 3 nuits blanches par semaine"

BFM La rédaction avec J. Droz
1 médecin sur 2 serait proche du burnout, selon l'Union française de la médecine libre.

1 médecin sur 2 serait proche du burnout, selon l'Union française de la médecine libre. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

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Journée noire pour les médecins. Ils vont placer un voile noir sur leur plaque professionnelle en soutien à leurs collègues en souffrance. Une action est également prévue devant le ministère de la santé à la mi-journée. Témoignage ce matin sur RMC de médecin fatigués.

C'est sans doute l'un des métiers les plus beaux du monde : soigner les gens, sauver des vies… Sauf qu'être médecin nécessite un investissement permanent. Et parfois à trop tirer sur la corde, elle finit par se casser et les conséquences sont dramatiques. Surmenage, tensions avec les patients, manque de reconnaissance : selon l'Union française de la médecine libre, 1 médecin sur 2 est à deux doigts du burnout. "Je vivais en blouse avec ma brosse à dent dans la poche, des semaines de 70h avec 3 nuits blanches par semaines, c'était très dur à tenir. On voyait les gens à la chaine. Il n'y avait pas de sens", explique ainsi Patricia Martel, 35 ans. (Voir vidéo ci-dessus)

Un mal être qui peut même aller très loin, jusqu'au suicide. Dans les professions médicales, le suicide représente 14 % de toutes les causes de mortalité confondues (contre 5.8 % dans la population générale). C'est presque 3 fois plus que dans toutes les autres professions.

"Personne ne nous demande comment on va"

Le quotidien d'Ariane, médecin aux urgences à Paris, est plutôt chargé, même pour un docteur dans la force de l'âge. "Je travaille en moyenne 50h/semaine avec une garde par semaine au minimum. On mange en 10 minutes un plateau repas qui est à un de nos patients. Personne ne nous demande comment on va et on vit des choses dures au quotidien avec des gens qui meurent et des gens qui souffrent". Alors au bout d'un certain temps, Ariane n'a pas trouvé la force d'aller à l'hôpital. "J'étais un peu blasé par mon travail, j'avais de moins en moins envie d'y aller et un matin, bah, je ne me suis pas levée, je n'ai pas pu et donc je n'ai pas été. Et mon médecin m'a dit qu'on frôlait la catastrophe".

Le suicide ? Ariane n'y a jamais vraiment pensé mais tout plaquer… "L'absence de reconnaissance clairement fait qu'on se dit à un moment : à quoi ça sert tout ça ? Suis-je faite pour ça, aurai-je dû faire autre chose, pourquoi je n'y arrive pas ?"
Un quotidien qui effraie les jeunes médecins. Dans l'entourage d'Ariane, certains ont même déjà décidé de changer de métier.