Simulation de vie sur Mars: un volontaire de la Nasa raconte après un an à l'isolement

Comme un retour sur Terre… même si en réalité, il ne l'a pas quittée. Cyprien Verseux sort d'une expérience inédite. Le 28 août dernier, le scientifique français quittait le dôme hawaïen dans lequel il était resté confiné depuis un an avec cinq autres chercheurs étrangers. 365 jours durant lesquels ils ont cohabité dans 140 m² et mené leurs recherches, comme s'ils se trouvaient sur Mars. Le scénario est digne du blockbuster de Ridley Scott, Seul sur Mars, où Matt Damon doit survivre sur cette planète hostile.

Supervisée par la Nasa, cette expérience avait justement pour objectif d'évaluer les performances et la santé mentale d'un équipage en vue d'une prochaine mission sur la planète rouge. Quinze jours après sa sortie du dôme, l'astrobiologiste s'est confié à BFMTV. La cohue et la présence de nombreux journalistes l'ont impressionné. Mais ce n'est pas ce qui l'a le plus frappé.
"C'était surtout de sentir l'air frais", confie simplement le chercheur. "Pendant un an, je n'avais jamais été à l'air libre, puisque même lorsqu'on sortait (pour simuler des expéditions, Ndlr), on avait les combinaisons. Sortir, sentir le vent, le soleil, voir l'extérieur sans casque, c'était fort", assure-t-il.

"On n'était jamais seuls"
Au-delà de la recherche, l'équipage tentait de conserver une activité physique régulière. "C'était important parce qu'on vivait de manière confinée. On avait un tapis de course mais il fonctionnait à l'énergie solaire. Quand le ciel était couvert, pas de course. Une coéquipière remplissait alors un sac à dos de pots de miel et on montait et descendait les escaliers pendant une heure", se remémore le scientifique.

Les souvenirs sont nombreux même si la cohabitation n'est pas toujours évidente. L'intimité est souvent proche du néant. "On n'était jamais seuls", souligne Cyprien. "Il y a eu quelques moments de tensions. C'est inévitable quand l'on met ensemble six personnes pendant un an, surtout certaines avec des caractères très marqués. Mais on avait tous envie que la mission soit un succès, donc on a réussi à toujours être capable de travailler ensemble", assure le biologiste.
Deux courtes douches par semaine
Sous le dôme, le confort est sommaire. Chaque litre d'eau était compté pour se laver. "On prenait deux douches d'une trentaine de secondes par semaine." Lorsque la pompe était défectueuse, les chercheurs devaient composer avec un seau et un gant de toilette.
Les repas étaient quant à eux loin d'être étoilés. Les œufs et le lait demeuraient en poudre, le jambon et les légumes toujours lyophilisés. De retour en France depuis quelques heures, Cyprien n'est pas mécontent de retrouver plus de saveurs. Même si la conquête de Mars reste toujours enfouie dans un coin de sa tête.
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