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Obama défend sa gestion de la marée noire, le siphonnage avance

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Accusé d'avoir agi trop peu et sans efficacité, le président Barack Obama a défendu samedi sa gestion de la crise provoquée par la marée noire du golfe du Mexique. /Photo prise le 4 juin 2010/REUTERS/Jason Reed

Accusé d'avoir agi trop peu et sans efficacité, le président Barack Obama a défendu samedi sa gestion de la crise provoquée par la marée noire du golfe du Mexique. /Photo prise le 4 juin 2010/REUTERS/Jason Reed - -

par Anna Driver VENICE, Louisiane - Le président Barack Obama a défendu samedi sa gestion de la crise provoquée par la marée noire du golfe du...

par Anna Driver

VENICE, Louisiane (Reuters) - Le président Barack Obama a défendu samedi sa gestion de la crise provoquée par la marée noire du golfe du Mexique, où la compagnie BP espère parvenir dans les prochains jours à siphonner l'essentiel du pétrole qui s'échappe d'un puits en eau profonde.

Au moyen de robots sous-marins, BP a mis en place un dôme de confinement jeudi sur le puits, à 1.600 mètres de profondeur, et des progrès sont signalés dans les opérations de siphonnage.

Selon l'amiral Thad Allen, qui supervise les efforts du gouvernement, le nouveau dispositif a permis de recueillir 6.000 barils de brut ces dernières 24 heures, soit à peu près le tiers des quelque 19.000 barils qui s'échappent chaque jour. Le volume recueilli était initialement d'un millier de barils.

Comme on lui demandait si le système en place fonctionnait, Allen a répondu lors d'un point de presse à Theodore (Alabama): "Oui, avec des précautions. Au cours du cycle complet de 24 heures hier, (...) ils ont réussi à remonter du puits (...) 6.000 barils de pétrole."

La catastrophe écologique et économique en cours, provoquée par l'explosion d'une plate-forme de BP le 20 avril au large de la Louisiane, a mis à l'épreuve l'autorité de l'administration Obama, accusée d'avoir agi trop peu et sans efficacité.

Dans son allocution hebdomadaire à la radio et sur internet, Obama a dit que son gouvernement avait mis en place la plus importante opération de l'histoire américaine face à un accident écologique. Le gouvernement s'est "mobilisé sur tous les fronts", plus de 19.000 navires et 20.000 personnes contribuant à lutter contre la marée noire.

Le président a effectué vendredi sa troisième visite sur le littoral du golfe du Mexique depuis le 20 avril.

BP, qui fait l'objet de poursuites de l'Etat au pénal et au civil parmi d'autres actions en justice, n'a encore pris aucune décision sur une éventuelle annulation des versements de dividendes à ses actionnaires, comme l'ont réclamé certains responsables politiques américains.

OBAMA SERMONNE BP

La compagnie a d'autre part annoncé que son directeur exécutif américain Robert Dudley serait chargé de piloter les efforts de BP pour gérer l'impact de la catastrophe sur son image, et de lui rendre une confiance très entamée en Amérique.

Le directeur d'exploitation de BP, Doug Suttles, a déclaré à des chaînes de télévision que le dôme de confinement en forme d'entonnoir placé sur le puits devrait permettre de recueillir 90% du pétrole qui s'en échappe. Un délai de quelques jours sera nécessaire pour que le dispositif soit optimisé, a-t-il dit.

Le directeur général du groupe, Tony Hayward, a assuré que BP avait largement les moyens de remplir ses obligations. La compagnie a déjà dépensé nettement plus d'un milliard de dollars pour lutter contre la marée noire.

Lors d'une rencontre vendredi avec des responsables locaux et des habitants de Louisiane, Barack Obama a mis en garde BP contre la tentation de lésiner sur l'indemnisation des pêcheurs, entrepreneurs et d'autres personnes dont le mode de vie a été bouleversé par la marée noire.

Il a reproché à la compagnie de dépenser sans compter pour des publicités télévisées visant à redorer son blason, et d'envisager de verser 10,5 milliards de dollars de dividendes trimestriels à des actionnaires, pendant que la région du Golfe connaît un chaos économique et environnemental de dimension exceptionnelle.

"Ce que je ne veux pas entendre, lorsqu'ils versent des montants de ce genre à leurs actionnaires et consacrent des montants de ce genre à des publicités télévisées, c'est qu'ils mégotent sur ce qui est destiné aux pêcheurs et aux petits commerçants ici dans le Golfe", a dit Obama.

Ni Obama, ni BP ne sont à l'honneur dans un nouveau sondage d'opinion CBS publié vendredi et selon lequel une écrasante majorité d'Américains considère que le président et la compagnie pétrolière doivent en faire beaucoup plus pour nettoyer l'environnement souillé par la marée noire.

Avec Chris Baltimore et Kristen Hays à Houston, Jeff Mason à Kenner, Louisiane, Kelli Dugan en Alabama, Tom Bergin et Sarah Young à Londres; Philippe Bas-Rabérin pour le service français