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Mars: il y a bien eu de l'eau liquide, mais seulement temporairement

BFM A. D. avec AFP
La Nasa espère percer les mystères de l'atmosphère martienne grâce à la sonde Maven

La Nasa espère percer les mystères de l'atmosphère martienne grâce à la sonde Maven - -

Des rivières et des lacs ont bien dessiné les paysages de la planète rouge il y a plusieurs milliards d'années. Puis l’atmosphère a considérablement rétréci, rendant impossible la présence d'eau liquide sur Mars.

De l'eau liquide a bien coulé en abondance sur Mars voici des milliards d'années. Mais ce phénomène est sans doute resté épisodique, estiment des chercheurs dans une étude publiée dimanche dans la revue britannique Nature Geoscience.

Aujourd'hui, la température de Mars est bien trop basse et l'atmosphère trop ténue pour permettre l'existence d'eau sous forme liquide. Elle gèlerait et se vaporiserait simultanément. Mais il n'en a pas toujours été ainsi. Dans un passé très lointain, on y trouvait des rivières longues de centaines de kilomètres et même des lacs, comme le prouvent les canyons et sédiments découverts par les différentes missions d'exploration martienne.

Selon les scientifiques, l'hypothèse la plus probable est qu'à l'époque, l'atmosphère de Mars était beaucoup plus dense et riche en gaz à effet de serre (CO2 notamment), donc plus chaude qu'aujourd'hui et propice à la présence d'eau sous forme liquide.

Une atmosphère qui était bien plus épaisse

C'est cette théorie qu'Edwin Kite, de l'Institut de technologie de Californie, et ses collègues ont voulu mettre à l'épreuve, en tentant de reconstituer la densité de l'atmosphère martienne voici 3,6 milliards d'années. Ils se sont penchés sur les images d'impacts de météorites.

Car plus l'atmosphère d'une planète est dense, plus une météorite doit être grosse pour percuter sa surface. Autrement dit, à une atmosphère donnée correspond une "taille minimale" de météorite capable d'y creuser un cratère.

Des calculs réalisés par Edwin Kite et son équipe à partir de 319 cratères, il ressort que la pression atmosphérique devait se situer autour de 0,9 bar à l'époque. C'est 150 fois plus qu'actuellement, mais encore largement insuffisant pour conserver très longtemps de l'eau liquide en surface.

Une sonde envoyée pour comprendre le phénomène

"Si Mars n'avait pas une pression atmosphérique stable à l'époque où les rivières coulaient, comme le suggèrent nos résultats, alors on peut exclure un effet de serre chaud et humide, et les températures moyennes à long terme étaient très probablement inférieures au point de congélation", concluent les chercheurs dans leur étude.

"Il est toutefois possible que l'atmosphère ait été temporairement plus dense, permettant ainsi à l'eau de couler", relève dans un commentaire séparé Sanjoy Som, chercheur à la Nasa.

La Nasa a lancé en novembre dernier la sonde Maven pour comprendre l'histoire atmosphérique de la planète rouge, et découvrir où ont pu passer l'eau et le CO2 qui s'y trouvaient. Maven doit atteindre l'orbite martienne en septembre 2014.