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L'avenir des Verts en question ce week-end

Cécile Duflot, la secrétaire nationale des Verts. Le conseil national du parti, organisé ce week-end, pourrait constituer un tournant dans son histoire, alors que plusieurs écologistes historiques appellent à une dissolution au sein d'Europe Ecologie. /Ph

Cécile Duflot, la secrétaire nationale des Verts. Le conseil national du parti, organisé ce week-end, pourrait constituer un tournant dans son histoire, alors que plusieurs écologistes historiques appellent à une dissolution au sein d'Europe Ecologie. /Ph - -

par Clément Guillou PARIS - Le conseil national des Verts français pourrait ce week-end constituer un tournant dans l'histoire du parti, que...

par Clément Guillou

PARIS (Reuters) - Le conseil national des Verts français pourrait ce week-end constituer un tournant dans l'histoire du parti, que plusieurs écologistes historiques appellent à se dissoudre au sein d'Europe Ecologie.

Le mouvement politico-syndical s'est imposé comme la deuxième force de gauche lors des dernières élections européennes et régionales mais souffre, selon son fondateur Daniel Cohn-Bendit, de la division entre les Verts, qui constituent le socle du mouvement, et ses autres membres.

Sept des huit parlementaires Verts ont signé un appel présenté par les eurodéputés Yannick Jadot et Jean-Paul Besset, et quatre des 11 membres du collège exécutif l'ont paraphé.

Ils appellent à clarifier l'organisation d'Europe Ecologie, demandant qu'à terme - fin 2010 ou début 2011 -, les membres du futur mouvement "renoncent à leur appartenance à une autre organisation politique".

Les Verts se fondraient donc dans un mouvement plus large. "Il faut une organisation souple, accueillante, rassembleuse, et qu'il n'y en ait qu'une", a dit à Reuters le député Yves Cochet.

"NOUS AVONS TOUS ENVIE DE DÉCIDER"

Mais Cécile Duflot et son second Jean-Vincent Placé ont fait part de leurs réserves quant à "l'appel du 22 mars" de Daniel Cohn-Bendit, qui a repris son rôle d'animateur du mouvement.

"La table rase n'est pas une bonne méthode", a dit à Libération la secrétaire nationale des Verts, pour qui "la logique des appels consistant à identifier 'qui en est' et 'qui n'en est pas' est porteuse de divisions."

Comme Jean-Vincent Placé, elle appelle à définir les grandes lignes d'un projet pour 2012 avant la forme organisationnelle.

Daniel Cohn-Bendit répond que le projet ne peut être défini "collectivement" dans le fonctionnement actuel d'Europe Ecologie. "Il n'est plus possible que d'abord les uns se réunissent dans un courant (...) puis dans leur parti, et après (...) viennent à Europe Ecologie en disant 'on va faire ceci'. Nous sommes tous des militants de l'écologie politique. Nous avons tous envie de décider", a-t-il dit lundi.

La direction des Verts peut être mise au pied du mur samedi et dimanche lors du conseil national (Cnir), à Paris.

"C'est un Cnir important où l'on va réfléchir à l'avenir du rassemblement", a dit Jean-Vincent Placé à Reuters. "Il y a un texte qu'on prépare depuis trois mois ensemble (...) On n'avait pas besoin d'appel ou de pétition pour nous y inciter car nous ne sommes pas des suiveurs mais des leaders du rassemblement."

Pour le secrétaire national adjoint, aucune surprise n'est à attendre du vote du texte sur la poursuite du rassemblement, dimanche après- midi.

"Nous voterons une motion qui reprendra un calendrier de travail et évoquera sans tabou tous les sujets, mais avant tout le projet politique. Puis la question des stratégies, des alliances, et de la forme organisationnelle", dit-il.

"Des partenaires souhaitent qu'on fasse un grand parti unique, pourquoi pas, nous ne fermons aucune hypothèse", ajoute le futur vice- président aux transports de l'Ile-de-France.

"QU'EST-CE QU'ON PEUT FAIRE CONTRE UN MOUVEMENT ?"

Plusieurs membres des Verts présents à la création du parti en 1984 sont prêts à signer son arrêt de mort.

"On n'a pas de réflexes patrimoniaux", dit l'ancienne présidente du Nord-Pas-de-Calais Marie- Christine Blandin.

Dominique Voynet n'a "pas peur du tout de la fin des Verts. Les organisations politiques, ça naît, ça vieillit, ça meurt, ça se transforme", rappelle l'ancienne ministre de l'Environnement.

Pour Yves Cochet, "l'immense majorité des Verts seront dans cet objet politique nouveau, plus clair."

"Au Cnir, il y aura beaucoup de débats car on sent bien qu'il y a des réticences. Mais qu'est-ce qu'on peut faire contre un mouvement ? A un moment, des choses arrivent, et quand ça arrive, il faut accompagner. Ce n'est pas une direction des Verts qui arrêtera ça", a-t-il estimé.

"Ils ne l'ont pas fait il y a deux ans (lors de la création d'Europe Ecologie), ils ne le feront pas maintenant".

Edité par Yves Clarisse