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Certains poissons sont capables de réaliser des calculs mathématiques simples

BFM Juliette Desmonceaux
Un poisson mbuna zébré (Pseudotropheus zebra)

Un poisson mbuna zébré (Pseudotropheus zebra) - Flickr

Les mbunas zébrés et des raies sud-américaines peuvent faire de petites additions et soustractions. Des chercheurs d'une université allemande sont parvenus à cette conclusion grâce à un dispositif à base de couleurs.

Si leur mémoire est, à tort ou à raison, régulièrement dénigrée par la croyance populaire, certains poissons se montrent capables de faire des calculs. Deux espèces, les mbunas zébrés et des raies sud-américaines peuvent réaliser des additions et des soustractions de petits nombres, démontre une nouvelle étude, repérée par Le Monde et publiée dans la revue Scientific Reports le 31 mars.

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs, issus de l'université de Bonn, en Allemagne, ont mis en place un premier dispositif à base de couleurs, le bleu étant associé à l'addition et le jaune à la soustraction.

Chaque poisson s'est vu présenter à l'intérieur de son aquarium une série de figures colorées de bleu ou de jaune. Il passait ensuite un sas où il devait alors faire un choix entre deux possibilités synonymes soit d'addition, soit de soustraction.

Par exemple, si le poisson a été dans un premier temps confronté à deux figures bleues et que dans la pièce suivante, on lui offre d'aller vers une ou vers trois figures, il est attendu qu'il choisisse la seconde option, le bleu illustrant, on le rappelle, l'addition. Le bon choix était récompensé par de la nourriture.

Jusqu'à 94% de réussite

Une fois le principe assimilé, les poissons sont confrontés à un test où ils doivent faire un choix entre trois figures différentes. Et les résultats s'avèrent concluants: les raies ont réussi l'épreuve dans 94% des cas pour l'addition et 89% des cas pour la soustraction. Les mbunas zébrés sont eux aussi globalement en réussite avec 78% de bonnes réponses pour l'addition et 69% pour la soustraction.

Pour les chercheurs, ces résultats n'ont rien d'une coïncidence. "C'est ce à quoi je m'attendais", affirme au Monde Vera Schluessel, coordinatrice de l'expérience, qui assure avoir vérifié les résultats au moyen de nouveaux tests.

Cette habilité au calcul n'apparaît pourtant pas nécessaire aux poissons, contrairement à d'autres espèces. "Ce n'est pas comme un oiseau qui, par exemple, a intérêt à savoir combien il a d'oeufs dans son nid", souligne la chercheuse.

En 2019, une équipe de chercheurs franco-australiens avait prouvé que les abeilles peuvent résoudre des calculs.