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Virus Ebola: sur la route d'une épidémie sans précédent

BFM Manon Costantini
Une chambre d'isolement prévue pour un patient atteint du virus Ebola, à l'hôpital Bichat à Paris.

Une chambre d'isolement prévue pour un patient atteint du virus Ebola, à l'hôpital Bichat à Paris. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

La Guinée est en proie à une épidémie de fièvre Ebola depuis janvier. La France prépare ses établissements de santé à d'éventuels cas. BFMTV a suivi un médecin dans l'un des trois hôpitaux parisiens aptes à recevoir des patients atteints du virus.

Il y a une semaine, un médecin de l'hôpital Bichat à Paris, a reçu une alerte du ministère de la Santé: l’établissement hospitalier doit se préparer à d'éventuels cas d'Ebolavirus. Plusieurs procédures, notamment d'hygiène, ont été mises en place.

"Il n'y a aujourd'hui pas de raison de s'inquiéter particulièrement: pas de cas suspects en France", rassure Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales. Cela ne signifie pas pour autant que l'épidémie de fièvre Ebola ne touchera pas le territoire français.

La France accroît sa "vigilance"

La ministre, également en charge de la Santé, a ajouté que la restriction des voyages dans les pays d'Afrique de l'Ouest n'était pour l'instant pas nécessaire. Marisol Touraine appelle tout de même à faire preuve de vigilance.

Yazdan Yazdanpanah, un médecin du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Bichat à Paris, a reçu une alerte et des directives de la part du ministère de la Santé. De nouvelles procédures sont mises en place afin d'assurer la prise en charge et veiller au rétablissement des victimes du virus Ebola. L'établissement de santé doit ainsi se préparer à recevoir d'éventuels cas. L'hôpital Bichat fait partie des trois hôpitaux parisiens aptes à recevoir de tels malades.

Le virus étant particulièrement contagieux, par le sang et par les sécrétions comme la transpiration mais aussi par l'air expiré, des dispositions hygiéniques ont été prises: chaque patient devra éviter les salles d'attentes, et être immédiatement confiné dans une chambre d'isolement. Pour l'instant, l'hôpital Bichat en comptabilise sept.

Il n'y a aucun contact avec l'une des sept portes des chambres d'isolement : un boîtier prévu à cet effet a été disposé à l'entrée de chaque porte. Lorsque l'on pose sa main sur le boitier, l'action entraîne l'ouverture automatique de la porte. Une fois arrivé dans le sas, avant d'accéder à la chambre, il faut s'équiper de sur-blouses, de gants ainsi que de lunettes.

Une épidémie sans précédent

La fièvre hémorragique Ebola se présente sous forme de symptômes semblables à ceux d'une grippe. C'est une maladie qui attaque le sang et les cellules, et aujourd'hui, aucun vaccin n'existe pour lutter contre cette maladie.

La Guinée est en proie au virus Ebola qui a tué 86 personnes sur 137 cas enregistrés depuis janvier, selon le dernier bilan du gouvernement guinéen, donné dans la nuit de jeudi à vendredi. "On note des guérisons, confirmées par des analyses, de deux personnes atteintes d'Ebola à Conakry. Ces personnes pourront quitter l'hôpital (...) où elles étaient en isolement", a précisé le gouvernement.

Ce n'est qu'une évolution inquiétante de cette épidémie dont le premier cas est recensé le 1er septembre 1976, par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Le virus est apparu pour la première fois au Soudan puis au Zaïre, nom donné à l'époque à la République Démocratique du Congo. En 38 ans, l'Ebolavirus a fait quelque 1.200 morts lors des épidémies les plus graves.