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Une "zone blanche" pour les hypersensibles aux ondes

BFM M.G. avec AFP
Le hameau de la Rochette à Saint-Julien-en-Beauchêne

Le hameau de la Rochette à Saint-Julien-en-Beauchêne - -

Une petite commune des Hautes-Alpes souhaite créer la première zone blanche de France destinée à accueillir des personnes se disant hypersensibles aux ondes électromagnétiques.

Besoin de se ressourcer dans un espace vierge d'ondes magnétiques? Une petite commune des Hautes-Alpes, soutenue par la députée européenne EELV Michèle Rivasi, a annoncé mercredi son souhait de créer la première zone blanche de France destinée à l'accueil des personnes "électro-hypersensensibles".

Située à Saint-Julien-en-Beauchêne, la zone à "très faible rayonnement électromagnétique", selon une étude de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques, pourrait accueillir une trentaine de personnes pour une durée limitée.

D'ici deux ou trois ans

Installé au pied d'une montagne et entouré de champs, ce centre ferait l'objet d'un suivi médical et permettrait à "des personnes exclues, victimes de discriminations, de se ressourcer", a expliqué la députée européenne Michèle Rivasi, alors que la possible hypersensibilité de personnes aux champs électromagnétiques fait débat.

Le 15 octobre, l'Agence nationale sanitaire a en effet estimé que le risque d'exposition aux ondes électromagnétiques pouvait provoquer des modifications biologiques sur le corps, mais que les données scientifiques disponibles ne montraient pas "d'effet avéré" sur la santé.

Au stade du projet, le site, qui nécessite des aménagements avec notamment l'enfouissement d'une ligne électrique et d'un transformateur, ainsi que l'installation d'un chauffage au gaz pour les personnes intolérantes aux émissions d'ondes électriques, pourrait voir le jour dans deux ou trois ans, a évoqué l'eurodéputée.

Des "sensations de brûlures à la tête"

"Ce projet pourra voir le jour que si l'État nous soutient, or il fait tout pour que les zones blanches n'existent pas car ce serait alors reconnaître qu'il existe un problème avec ces ondes", a réagi Philippe Tribaudeau, président de l'association Une terre pour les EHS qui compte quelque 160 adhérents.

"Il faudra arracher la zone blanche à l'État. Le temps politique prend plusieurs années, mais nous, c'est tous les jours que nous avons des appels de personnes hypersensibles", a ajouté le militant qui explique ressentir des "sensations de brûlures à la tête".

Un test en présence de personnes dites électro-hypersensensibles devrait avoir lieu en fin d'année afin de valider le projet. En 2011, deux femmes avaient trouvé refuge dans une grotte de la commune afin "d'échapper" aux ondes.