Sécurité alimentaire: de la viande avariée dans les articles premiers prix

La Cour des comptes sonne l'alarme quant à l'hygiène des produits premiers prix. - -
"Viandes grises verdâtres impropres à la consommation humaine dans des charcuteries, moisissures, souris vivantes ou mortes, excréments de souris dans des étuves à chorizo, fromage ramassé à la raclette sur le sol pour en faire du fromage fondu (...)". Voilà le cocktail peu ragoutant qu’ont découvert les enquêteurs de la Cour des comptes, dans son rapport annuel relayé par Le Télégramme.
Le rapport, dans un volet consacré à la sécurité alimentaire, a mis en lumière "des anomalies graves" notamment dans certains produits "premiers prix".
Les enquêteurs de la Brigade nationale d’enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (BNEVP), rattachés au ministère de l’Agriculture, ont ainsi constaté des "manquements graves aux conditions d'hygiène" mais aussi des "failles de traçabilité", rapporte le journal breton.
"L'offre des produits premiers prix peut paraître attractive, mais leur consommation systématique, par une population croissante, pourrait avoir à terme des répercussions sur la santé publique", s'alarme la Cour.
Le manque de contrôle pointé du doigt
Au-delà du cas des produits "premiers prix", l'un des problèmes essentiels rencontrés par l'administration dans le combat pour la sécurité alimentaire est le manque de personnel. Qui, de fait, résulte de la rareté des contrôles.
"Un établissement de remise directe (boucherie, restaurant, centre commercial) sera en moyenne contrôlé trois fois au cours d'un siècle!" assure le quotidien.
La baisse des contrôles serait liée au manque d’effectifs. Il ne resterait que 43 agents pour contrôler plus de 110.000 établissements de restauration collective, type hôpitaux ou cantines scolaires, sur tout le territoire.
Les dysfonctionnements peu sanctionnés
Par ailleurs, la Cour déplore la confidentialité de nombreuses enquêtes, et "un faible taux de poursuite qui décourage les agents". Selon Périco Légasse, journaliste et critique gastronomique, une catastrophe sanitaire pend au nez des consommateurs.
"Les dérives sont croissantes et à chaque fois ces dernières ne sont pas signalées, ni réprimées. Il n'y a plus de sanctions, les tricheurs n'ont plus peurs, ils font ce qu'ils veulent. Et un jour, on va avoir une catastrophe sanitaire très grave", a-t-il déploré sur le plateau de BFMTV.
Si, de l'avis de tous, la sécurité alimentaire reste assurée en France, le problème aujourd'hui, conclut le quotidien breton, "ce sont les fraudes (...) avec des affaires qui s'internationalisent. C'est au niveau international qu'il y a de réels progrès à faire".











