Réparer la vue: et si c'était bientôt possible?

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Une équipe de recherche réunissant des scientifiques de l'Inserm, de l'Université Pierre et Marie Curie et du CNRS regroupés au sein de l'Institut de la Vision travaillent actuellement sur un dispositif capable de restaurer la vision. Le projet baptisé CorticalSight utilise une thérapie bien précise: la stimulation optogénétique du cortex visuel. Celle-ci concerne les personnes qui présentent une dégénérescence des cellules ganglionnaires, l'une des principales causes de cécité dans le monde occidental.
Elle peut être la conséquence de divers états pathologiques, y compris des traumatismes oculaires, des affections rétiniennes telles que le glaucome, la rétinopathie diabétique ou des neuropathies optiques. Les cellules ganglionnaires de la rétine sont les neurones qui, au niveau des photorécepteurs de l'œil, intègrent l’information visuelle de l'environnement et la transmettent aux centres visuels supérieurs.
L'altération de ces cellules prive ces centres de toute information visuelle venant de l'extérieur, entraînant ainsi une cécité complète. Grâce à la thérapie optogénétique, il devient possible de prendre le contrôle optiquement sur l’activité de zones très précises du cerveau: les aires visuelles seraient directement activées pour induire une perception visuelle même si les photorécepteurs ne sont pas activés.
Des dispositifs externes et internes sont nécessaires
Une première expérience chez l'animal laisse envisager un transfert de cette technologie chez l'Homme. "Le projet CorticalSight vise donc à restaurer une perception visuelle chez les personnes devenues aveugles, en agissant directement au niveau des centres supérieurs du cerveau.", expliquent les chercheurs. Pour cela, ils vont utiliser un dispositif intelligent de capture d'image combiné à la stimulation optogénétique.
En détail, le système dans son ensemble consiste en plusieurs dispositifs fonctionnant en série. Au niveau du visage, un premier dispositif fixé sur des lunettes, composé d’une caméra filmant l'environnement direct du patient, est appliqué. Un deuxième dispositif au niveau du cerveau transformera par le biais d'algorithmes les informations visuelles en signaux lumineux interprétables par le cerveau. C'est là que l'optogénétique entre en jeu.
Grâce à cette technique, les neurones spécifiques du cortex visuel seront rendus sensibles à la lumière grâce à l'introduction dans les cellules de la rétine d'une protéine d’algue appelée opsine microbienne, qui transforme l'énergie lumineuse en une activité électrique. Il suffit alors de coupler les deux dispositifs pour que les signaux lumineux en provenance de l'extérieur soient transformés en stimulation optique capable d'activer les neurones du cortex visuel.











