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Piqûre de méduse: quels sont les bons réflexes à adopter?

BFM Salomé Robles
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De nombreuses fausses idées sont souvent véhiculées concernant les piqûres de méduse. BFMTV.com vous détaille les bons conseils, alors que ces espèces pourraient devenir de plus en plus nombreuses en raison de réchauffement climatique et de la surpêche.

Qui n'a jamais entendu le conseil de faire pipi sur une piqûre de méduse? "Au mieux c'est inutile, au pire ça peut aggraver les choses", explique Alain Ducardonnet, consultant santé pour BFMTV.

Mais alors, quels sont les bons réflexes à adopter lorsqu'on est victime d'une piqûre de méduse? "La première chose à faire est de rester calme et de sortir de l’eau, la douleur pouvant empê­cher certaines personnes de nager", indique la société nationale des sauveteurs en mer (SNSM), qui précise que "hors rares réac­tions aller­giques, les piqûres de méduses ne sont pas dange­reuses".

Si la plage est surveillée, rendez-vous au poste de secours où les sauve­teurs présents pourront vous appor­ter les premiers soins. Sinon, voici la marche à suivre.

"Vives déman­geai­sons et sensa­tion de brûlure"

Comme l'explique la SNSM, il faut d'abord s'assurer qu'il s'agit bien d'une piqûre de méduse. "Premier indice, le type de douleur ressen­tie: le contact avec une tenta­cule provoque l’im­pres­sion d’une décharge élec­trique. Celle-ci s'ac­com­pagne ensuite de vives déman­geai­sons et d’une sensa­tion de brûlure", écrit l'organisme.

Une piqûre de méduse cause ensuite généralement une lésion rouge avec "la trace de la tenta­cule sur la peau ainsi que des fila­ments urti­cants char­gés en cellules veni­meuses".

La brûlure ressentie est due aux nématocystes, des sortes de capsules se retrouvant sur les tentacules. Dans les premiers instants qui suivent une piqûre de méduse, environ 10% de ces capsules déposées sur la peau de la victime vont libérer leur venin. Il s'agit donc de neutraliser les 90% restant avant qu'ils ne rentrent en action en traitant la zone.

Eau de mer et sable fin

Premier consigne, même si cela peut paraître contre-intuitif: ne rincez pas la plaie avec de l'eau douce, au risque de faire exploser les capsules et donc d'en libérer le venin... et la douleur. Il faut ainsi rincer abondamment à l'eau de mer, sans frotter.

Des filaments urticants peuvent ensuite toujours être collés à la peau. Pour les enlever, on peut se servir de sable fin et chaud en l'appliquant sur la plaie et en grattant délicatement avec, par exemple, une carte bancaire ou une carte postale, ou même une pince à épiler si vous en avez une sous la main.

Une fois cette opération terminée, vous pouvez à nouveau rincer la blessure à l'eau de mer. Une fois rentré chez vous, désinfecter avec un antiseptique et appliquer une pommade anti-inflammatoire. "Si vous consta­tez que la zone piquée enfle ou que vous avez du mal à respi­rer, contac­tez immé­dia­te­ment les secours les plus proches", écrit la SNSM.

Selon elle, la cica­trice dispa­raî­tra d’elle-même au bout de deux à quatre semaines. Comme toute plaie "il faudra pendant cette période éviter de l’ex­po­ser trop au soleil".

Réchauffement climatique et surpêche

Les méduses prolifèrent à la faveur de plusieurs variables, parmi lesquelles la température de l'eau et les courants marins, explique l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) sur son site.

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Les conditions idéales de reproduction des méduses pourraient être réunies plus souvent dans l'avenir en raison du réchauffement climatique lié aux activités humaines. Or, en Europe, "toutes les mers se sont considérablement réchauffées depuis 1870 et plus particulièrement depuis la fin des années 1970, les dernières années ayant été parmi les plus chaudes jamais enregistrées", selon le site de l'Agence européenne pour l'environnement. Cette hausse devrait par exemple être de l'ordre de 1,1°C à 3,4°C d'ici 2100 pour la mer Méditerranée, selon l'agence de l'Union européenne.

En outre, selon la SNSM, "le thon, son premier préda­teur, se fait de plus en plus rare en mer Médi­ter­ra­née, victime de la surpêche. Il en va de même pour d’autres plus petits pois­sons, comme la sardine ou le hareng, qui se régalent des œufs et larves de méduses et parti­cipent habi­tuel­le­ment à limi­ter l’ac­crois­se­ment de leurs popu­la­tions".

Selon un rapport de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) publié en 2022, 73% des espèces commerciales sont encore surexploitées dans la mer Méditerranée et dans la mer Noire et la pression de pêche, même si elle a baissé ces dix dernières années, reste le double de ce qui est considéré comme durable.

Des méduses plus ou moins urticantes

En France métropolitaine, on peut trouver différents types de méduses sur le littoral. Dans la Manche ou la Mer du Nord, la méduse Auré­lie se distingue par sa couleur bleue ou rose. Elle est légè­re­ment urti­cante.

Sur la côte Atlan­tique, vous aurez plus de proba­bi­lité de rencon­trer la méduse rhizo­stomapulmo, ou poumon de mer, aux reflets bleu­tés et égale­ment faible­ment urti­cante.

La méduse péla­gique, prin­ci­pa­le­ment présente en mer Médi­ter­ra­née, est celle qui provoque les réac­tions urti­cantes les plus violentes. De couleur orange ou violette, tache­tée de rouge, elle se plaît dans les eaux chaudes. En raison du réchauf­fe­ment de l’océan, on commence ainsi à la retrou­ver sur la côte Atlan­tique.