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Le rat-taupe nu détient le secret de la longévité

BFM David Namias
Rat-taupe nu en train de se nourrir.

Rat-taupe nu en train de se nourrir. - Wikimedia

Si nous percions le secret de jeunesse du rat-taupe nu, nous pourrions repousser considérablement notre espérance de vie. Ses 30 ans de vie sans maladie nous conduiraient, en équivalent humain, jusqu'à l'âge canonique de 600 ans.

La créature mise à l'honneur lors de la soirée qui sera donnée ce lundi à l'hôtel Georges V de Paris est tout simplement hideuse. Il s'agit d'un petit rongeur aux dents proéminentes, à la peau glabre et translucide, au corps chétif avec de grandes pattes crochues et de petits yeux quasi inexistants. Mais si malgré son physique ingrat le rat-taupe nu soulève l'enthousiasme des foules, c'est qu'il a un secret: une vie extrêmement longue. Soit 30 ans au lieu de 2 à 3 ans pour les souris. Rapporté à la longévité humaine, nous vivrions à ce compte quelque... 600 ans.

La Fondation pour la recherche physiologique est, rapporte Le Parisien ce lundi, l'organisatrice de l'événement destiné à récolter les fonds nécessaires aux recherches qui permettront de percer le mystère anti-âge de l'hétérocéphale, autre nom du rat-taupe nu. Des stars du cinéma et de la chanson, dit-on, seront de l'événement.

Arrivage inespéré d'une centaine de spécimens

Mais le mieux reste à venir, puisqu'au contraire du prince troyen Tithon condamné à se dessécher pour l'éternité, le rat-taupe vit 30 ans en gardant une santé de fer. Nulle maladie, y compris le cancer, ne l'atteint durant cette période, comme s'il était pourvu d'un super-pouvoir, un bouclier anti-âge hyper-efficace.

"C'est comme si nous, humains, on vivait 600 ans en bonne santé. Jamais de cancer, pas de maladies cardio-vasculaires, pas d'Alzheimer, pas de vieillissement", s'enthousiaste le cardiologue et nutritionniste Frédéric Saldmann

Aubaine, le chercheur a la chance de disposer à l'Ecole vétérinaire de Maison-Alfort, dans le Val-de-Marne, d'un arrivage d'une centaine de rats-taupes nus. C'est que l'animal originaire d'Afrique de l'Est, de Somalie et Ethiopie, n'est pas facile à capturer. Cette manne qui permettra peut-être de faire avancer la recherche provient du legs d'une chercheuse sud-africaine qui prend sa retraite.