"J'ai failli mourir": contaminé par le Covid à 34 ans, il a passé 10 jours dans le coma

"On m'a annoncé que j'avais failli mourir". En janvier dernier, Christophe Varin, maire sans étiquette de Varangéville, (Meurthe-et-Moselle) a été hospitalisé puis placé en réanimation fin janvier, après avoir été contaminé par le Covid-19. Il raconte ce lundi sur BFMTV avoir passé trois semaines très difficiles à l'hôpital, et présenter aujourd'hui des séquelles de la maladie.
"Je souhaite passer le message que peu importe l'âge que l'on a, cette pandémie concerne tout le monde", témoigne-t-il sur notre antenne. Âgé de 34 ans, il ne présentait aucune comorbidité, mais "l'aggravation des symptômes est arrivée très rapidement, et en trois - quatre jours j'étais placé dans le coma artificiel".
"Je n'avais aucune comorbidité, j'ai 34 ans"
La contamination a lieu en janvier, lors d'un "rendez-vous en petit comité" où tout le monde ne porte pas son masque. Le sien se casse, mais il souhaite "terminer une conversation avant d'aller chercher un nouveau masque, ça a duré une ou deux minutes", lors desquelles il pense avoir été contaminé par ses interlocuteurs. "Quelques minutes de faiblesse ont conduit à une contamination", déclare-t-il.
Les premiers symptômes arrivent quelques jours plus tard, avec une perte du goût et de l'odorat. "Je n'avais aucune comorbidité, j'ai 34 ans, donc je m'attendais à avoir des symptômes légers, et ce n'est pas du tout ce qu'il s'est passé", explique l'élu. La fièvre se fait rapidement plus violente, tout comme les difficultés respiratoires. Il est hospitalisé.
"On m'a administré les premiers traitements, on m'a placé sous oxygène, mais la désaturation en oxygène se faisait assez rapidement, et en moins de 24 heures on m'a annoncé que tous les premiers traitements étaient inefficaces et qu'il fallait passer par le coma artificiel", se souvient-il. "J'ai pris conscience de la gravité de la situation et puis est arrivé le moment où on m'a laissé téléphoné à mes proches pour les prévenir, puis on m'a endormi et placé dans ce coma sans que je sache pendant combien de temps j'allais y être maintenu".
"J'ai perdu 20 kg de muscles"
Il passera dix jours dans le coma, dont quatre "très critiques puisque mes proches se sont vus annoncer par l'équipe médicale que mon pronostic vital serait engagé à plusieurs reprises, mes poumons ne fonctionnaient plus correctement", explique-t-il.
Mais sa situation s'améliore et il se réveille. Christophe Varin raconte alors la perte de repères: "on ne sait plus où on est, à quelle date on est, combien de temps on a dormi". Les soignants lui expliquent ensuite ce qu'il s'est passé pendant son coma: "on m'a annoncé que j'avais failli mourir, j'ai quand même mis quelques jours à digérer cette phrase".
Même réveillé, il reste en réanimation, car ses poumons ne fonctionnent pas encore bien, "il a fallu continuer à maintenir l'alimentation en oxygène, il m'a fallu trois semaines pour être sevré et pouvoir à nouveau respirer par mes propres moyens".
C'est ensuite par la réanimation musculaire qu'il faut passer, car en trois semaines d'immobilisation, "j'ai perdu 20 kg de muscles, il faut reconstituter cette masse musculaire, reprendre de l'endurance respiratoire", explique-t-il. Plus d'un mois après son hospitalisation, "la rééducation est encore bien présente dans ma vie au quotidien".
"Personne n'est à l'abri"
L'aggravation rapide de son cas n'est pas expliquée, "des hypothèses ont été émises sur une particularité génétique qui aurait pu laisser prospérer le Covid, ou peut-être un système immunitaire affaibli par la fatigue engendrée par le Covid" déclare le maire, mais rien de certain. Après seulement un an, beaucoup de zones d'ombre restent en effet encore à éclaircir au sujet de ce coronavirus.
Ces dernières semaines, des patients de plus en plus jeunes ont été admis en réanimation. Actuellement, 40 personnes âgées de 20 à 29 ans sont hospitalisées dans ce service en France selon les données de Santé Publique France, 133 de 30 à 39 ans, et 357 de 40 à 49 ans.
"C'est très important aujourd'hui, même si les gens sont lassés par les restrictions sanitaires, de continuer à maintenir les gestes barrières parce que personne n'est à l'abri, l'épidémie n'est pas terminée", déclare Christophe Varin.











