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Implants mammaires: une nouvelle étude interroge sur la toxicité du silicone

BFM Lucie Valais , Journaliste BFMTV
Un implant mammaire en silicone (image d'illustration)

Un implant mammaire en silicone (image d'illustration) - Miguel Medina - AFP

Une étude récente vient remettre en cause le jugement des autorités sanitaires, qui assuraient que les implants mammaires en silicone étaient sûrs.

Les implants mammaires en silicone sont-ils plus toxiques que ce que l'on pensait? C'est ce que tend à prouver une étude menée par une équipe interdisciplinaire de chimistes, biologistes et médecins de l'Institut de science des matériaux de Mulhouse et publiée dans la revue Biomaterials. Si la question de la dangerosité de ce type d'implant revient régulièrement dans les débats, les conclusions de cette enquête remettent totalement en cause leur toxicité.

Officiellement, les autorités sanitaires assurent que ces implants en silicones, utilisés depuis les années 1960, sont sûrs. Pourtant, ils pourraient, selon différentes études, être liés à des complications et causer des "maladies auto-immunes", ainsi que des "réactions inflammatoires chroniques", rappelle l'étude, également publiée sur le site du CNRS.

"Réponse immunitaire"

En effet, les chercheurs français ont réussi à démontrer que les implants mammaires en silicone libèrent des microparticules solides dans l'organisme, qui suscitent effectivement chez leur porteuse une "réponse immunitaire" et "l'activation de plusieurs gènes associés à des maladies auto-immunes".

Et ce, même sans rupture visible de l'implant. Parmi ces pathologies, "la polyarthrite rhumatoïde, le lupus ou certaines inflammations chroniques."

Les scientifiques "ont trouvé que, même sans fuite détectable, la simple présence de silicone dans les tissus déclenche une activation du système immunitaire".

L'étude conclut sur la nécessité de "revoir la conception et le suivi médical" de ces implants mammaires en silicone, qui auraient donc des effets à long terme sur le système immunitaire des patientes et appelle à réévaluer les études cliniques qui avaient été faites jusqu'ici sur les risques de tels implants.