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Hépatite C: le Sovaldi sera-t-il vendu 280 fois son prix de fabrication?

BFM A. D.
Pas moins de 60.000 patients pourraient se voir prescrire du Sovaldi

Pas moins de 60.000 patients pourraient se voir prescrire du Sovaldi - -

Le laboratoire américain Gilead voudrait bien vendre le Sovaldi, un médicament utilisé dans le traitement de l'hépatite C, bien plus cher que son prix de revient. Mais cinq députés français demandent au labo de baisser les tarifs, ce que le président du laboratoire aurait finalement accepté.

Le Sovaldi est un nouveau traitement destiné à faire disparaître le virus de l'hépathite C chronique en 12 semaines, dans 90% des cas. Mais voilà, son fabricant, le laboratoire américain Gilead, entendait bien faire payer son innovation, avant que le président concède une baisse à venir, mardi soir.

D'après des informations publiées lundi dans Le Parisien, le laboratoire voulait facturer le Sovaldi 280 fois son prix de revient. Cinq députés socialistes français ont donc décidé de demander au laboratoire de revenir sur sa décision.

Une note salée pour l'Assurance maladie

Comme le rappelle Le Parisien, la posologie de ce traitement est d'un comprimé de 400 mg par jour pendant 12 semaines. Dans une lettre rédigée par les députés, ils expliquent que le traitement total devait être facturé 56.000 euros par patient. Soit 666 euros par comprimé. Or, dénoncent les élus, à terme, le coût de production reviendrait à moins de 200 euros par patient, pour 12 semaines.

D'après eux, pas moins de 60.000 patients pourraient se voir prescrire du Sovaldi, intégralement remboursé, dans les deux ans à venir. Soit une facture potentielle pour l'Assurance maladie de 4,8 milliards d'euros, si le prix officiel n'est pas baissé.

Finalement, le président du laboratoire, Michel Joli, aurait accepté le principe de baisser ses prix mardi dans l'après-midi. "Le prix de Sovaldi va baisser" et un prix européen sera déterminé, aurait-il assuré au site spécialisé Pourquoidocteur. Il a également mis en avant que d'autres frais que ceux de fabrication étaient engagés dans la production de ce traitement, citant "l’investissement de la recherche, le nombre de molécules développées et finalement abandonnées".

Le député de Haute-Garone Gérard Bapt, évoque lui une volonté de la part de Gilead d'assurer un "retour sur investissement" après avoir acheté très cher la star-up détentrice du brevet de Sovaldi.