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Hausse de la vaccination, pass sanitaire... L'institut Pasteur anticipe une 4e vague moins forte

BFM Hugues Garnier , Journaliste BFMTV
Vaccination à Saint-Maur-des-Fossés, en région parisienne, le 31 mai 2021

Vaccination à Saint-Maur-des-Fossés, en région parisienne, le 31 mai 2021 - BERTRAND GUAY © 2019 AFP

Selon les dernières modélisations de l'Institut Pasteur, l'accélération de la campagne de vaccination favorisée par l'élargissement du pass sanitaire permet des projections plus optimistes sur la quatrième vague de l'épidémie en France.

"L'accélération de la vaccination peut avoir un impact important sur la taille du pic épidémique". Près de trois semaines après avoir émis un premier rapport sur la dynamique du variant Delta en France, l'Institut Pasteur a mis à jour ce mardi ses modélisations et présente des projections plutôt rassurantes sur l'évolution de la quatrième vague.

"L’effet combiné de l’accélération de la vaccination et d’une réduction, même petite, du taux de transmission peut avoir un impact important sur la taille de la quatrième vague" avancent dans leur nouveau rapport daté de ce lundi 26 juillet les modélisateurs qui estiment "essentiel que l’accélération de la vaccination continue avec une adhésion massive de la population et que les taux de transmission diminuent en population générale, grâce notamment au maintien des gestes barrières, au port du masque et au pass sanitaire."

Dans l'un de leurs précédents scénarios dévoilé le 9 juillet dernier, l'Institut Pasteur anticipait 4800 nouvelles admissions par jour à l'hôpital au pic de la quatrième vague. Un chiffre envisagé avec les critères suivants: 500.000 doses de vaccin administrées chaque jour, un taux de reproduction (R) du variant Delta établi à 2 et une adhésion vaccinale de 30% chez les 12-17 ans, 70% chez les 18-59 ans et 90% chez les 60 ans et plus.

Une baisse du pic des admissions journalières à l'hôpital

La situation sanitaire a évolué depuis. La quatrième vague est déjà une réalité et a obligé l'exécutif à prendre de nouvelles mesures pour accélérer la campagne de vaccination. Emmanuel Macron a notamment annoncé le 12 juillet l'obligation vaccinale des soignants et une vaste extension du pass sanitaire, déjà exigé dans les lieux de culture accueillant plus de 50 personnes et bientôt dans les bars, les restaurants, les trains ou encore les avions. Des mesures comprises dans le projet de loi adopté par le Parlement et actuellement examiné par le Conseil constitutionnel avant sa promulgation.

Conséquences: les dernières modélisations de l'Institut prévoient plusieurs scénarios où le nombre de doses administrées chaque jour est plus important (entre 500.000 et 800.000), où l'adhésion vaccinale progresse dans les trois tranches d'âge précités et où le taux de reproduction du variant reste stable ou diminue jusqu'à 1-5 "du fait de mesures non-pharmaceutiques".

En l'absence d'une diminution du taux de reproduction du virus, l'Institut Pasteur anticipe malgré tout une baisse de près de la moitié des admissions journalières au pic de l'épidémie grâce à l'accélération de la vaccination: 684.000 doses ont été administrées en moyenne par jour pendant la semaine du 16 au 22 juillet. Ainsi les modélisateurs projettent dans ces conditions 2500 nouvelles admissions par jour au pic de la quatrième vague contre 4800 dans les projections du 9 juillet.

"Cela se traduit néanmoins par un niveau d’occupation des soins critiques qui reste élevé (5400 et 7200 lits de soins critiques pour une durée de séjour en soins critiques de 10 et 14,6 jours, respectivement)", note l'institut Pasteur.

Les gestes barrières, l'autre facteur clé

Il s'agit tout de même d'une nette amélioration, mais qui pourrait être encore meilleure si les mesures non-pharmaceutiques (gestes barrières, pass sanitaire et port du masque) sont également respectées. L'effet du pass sanitaire lui-même est "difficile à anticiper", "tout dépend de sa mise en œuvre", note le modélisateur Simon Cauchemez, également membre du Conseil scientifique, dans Le Monde.

Mais dans l'hypothèse où le taux de reproduction du virus passerait de 2 à 1,8, le pic des admissions à l'hôpital passerait à 1800 par jour. Et si le R effectif diminue jusqu'à 1,5, les admissions journalières seraient alors de 1200 au pic de la quatrième vague.

"Une réduction du taux de transmission grâce à des mesures non-pharmaceutiques reste donc importante pour réduire davantage l’impact de la vague sur le système hospitalier", poursuit l'Institut Pasteur.

C'est donc une combinaison vaccination-gestes barrières qui permettra de limiter au mieux l'ampleur de cette nouvelle vague épidémique dont le pic est prévu pour septembre "dans la majorité des scénarios" avancés par l'Institut Pasteur ""avec une pression sur le système hospitalier qui peut devenir importante dès le mois d’août dans les scénarios les moins favorables".

Les chercheurs se montre toutefois prudents sur ces nouvelles modélisations: "la propagation du virus SARS-CoV-2 est difficile à anticiper; et la dynamique de l’épidémie peut changer rapidement." "Dans le passé, on a vu des ralentissements ou des accélérations de l’épidémie sans pouvoir les expliquer", rappelle Simon Cauchemez. "Il y a le virus, mais aussi l’ajustement du comportement des gens, indépendamment des mesures prises par les autorités."