Grippe: la vaccination à la peine, le virus continue de progresser dans l'Hexagone

Alors que la grippe continue de progresser dans l'Hexagone, tous les départements étant au niveau épidémique, de nombreux Français rechignent à se faire vacciner cet hiver, laissant le virus se propager.
Dans une pharmacie de Brest, dans le Finistère, plusieurs clients reconnaissent ne pas avoir fait d'injection, estimant que ce n'est pas nécessaire.
"J'ai un bon système immunitaire et je n'ai pas forcément peur", assure une jeune femme à notre micro. "Ce n'est pas forcément nécessaire de faire un vaccin, c'est pour les personnes âgées", affirme un autre.
La pharmacienne Julie Amouyal assure que les clients au vaccin contre la grippe sont peu nombreux cet hiver. "Aujourd'hui (samedi, NDLR), on n'a eu qu'une seule personne ce matin venue se faire vacciner, hier (vendredi), on n'en a eu trois", énumère-t-elle, contre "30-40 personnes par jour" au début de l'hiver.
Une vaccination "très faible"
Si Santé publique France n'a pas publié de chiffres sur le nombre de vaccinations contre la grippe, le président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) et des Libéraux de santé (LBS) Philippe Besset avait indiqué à France info le 27 décembre dernier que "10 millions de personnes cibles ont été vaccinées" contre la grippe cet hiver.
Pour le pharmacien, il s'agit d'un taux de vaccination "très faible", malgré une "petite remontée" en fin d'année.
Pour le virologue à l'institut Pasteur Vincent Enouf, la progression du virus s'explique en raison du taux insuffisant de vaccination, mais pas seulement. "Le virus va avoir plus de facilité (...) à passer d'Homme à Homme dû à ces températures", dit-il à BFMTV, évoquant le froid de ces derniers jours.
"La vaccination reste le meilleur moyen de se protéger"
Selon le dernier bulletin de Santé publique France (SPF), paru jeudi 2 janvier, l'épidémie de grippe s'est renforcée et touche désormais l'ensemble des départements de l'Hexagone.
"Dans l'Hexagone, l'épidémie de grippe s'intensifie. L'ensemble des indicateurs grippe étaient encore en forte hausse en S52 (52e semaine de l'année, NDLR) dans toutes les classes d'âge", met en garde SPF.
"La vaccination reste le meilleur moyen de se protéger contre la grippe et le Covid-19, en particulier des formes graves de ces maladies", rappelle SPF.
Une pratique à la traîne
Fin novembre, les autorités sanitaires avaient relancé l'appel à la vaccination contre la grippe, s'inquiétant d'une baisse de la pratique. Le nombre de doses de vaccins délivrées contre la grippe avait en effet baissé de 5%, avec 8 millions alors recensés contre 8,4 millions à la même période de 2023, selon la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France qui évoquait à l'AFP un "mauvais début de campagne" de vaccination.
Le vaccin est pourtant recommandé "à toutes les personnes éligibles, afin de les protéger et de protéger leur entourage", notamment les personnes âgées de 65 ans et plus ou celles qui sont immunodéprimées, les nourrissons de plus de 6 mois atteints de comorbidités, les femmes enceintes, les résidents en établissements médico-sociaux de tous âges, selon SPF.
Mais il ne concerne pas que les plus âgés, puisqu'il est aussi recommandé pour les personnes en contact régulier avec des personnes immunodéprimées ou vulnérables aux formes graves de l'infection, y compris les professionnels de santé.
La campagne de vaccination contre la grippe a été lancée le 15 octobre 2024. Elle doit se poursuivre jusqu'au 31 janvier.












