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Epileptique Lyrica : comment utiliser ce médicament sans risque ?

BFM Alexandra Bresson
La prise de médicaments antiépileptiques doit faire l'objet d'un suivi régulier de la part du médecin.

La prise de médicaments antiépileptiques doit faire l'objet d'un suivi régulier de la part du médecin. - iStock - hocus focus

A la suite de plusieurs signalements, l'Agence nationale de sécurité du médicament alerte sur les risques liés au mésusage de l'antiépileptique Lyrica et ses génériques. Ces spécialités font l'objet d'un suivi d'addictovigilance depuis 2013 en raison de leur utilisation croissante.

Gare à l'utilisation du médicament Lyrica et de ses génériques. Un antiépileptique qui fait l'objet depuis plusieurs années d'une surveillance pharmacologique renforcée, explique l'ANSM*. Cette dernière veut avertir professionnels de santé sur les conditions de prescription de ces spécialités indiquée dans le traitement de l’épilepsie partielle et des troubles anxieux généralisés. Plusieurs cas d'utilisation abusive à des fins récréatives, de mésusage et de pharmacodépendance ont en effet été signalés ces dernières années.

"Les premiers signalements d’abus ont été notifiés en Europe en 2010, et au réseau d'addictovigilance en France en 2011, souligne l'agence qui précise qu'un suivi national d’addictovigilance est effectif depuis 2013". Au niveau européen, c'est l’Agence Européenne des Médicaments (EMA) qui a mis en place une surveillance particulière liée à la commercialisation de tous ces médicaments contenant une molécule du nom de prégabaline. Le dernier bilan de suivi national d'addictovigilance met en évidence deux types de signaux.

Les bons usages de ce médicament

Le premier concerne un détournement des prescriptions, avec des falsifications d'ordonnances et des cas de nomadisme médical, soit la mauvaise habitude de certains patients de consulter successivement plusieurs praticiens d'une même spécialité. Le second est "une augmentation de l’utilisation de la prégabaline au sein de populations à risque (sujets traités par des médicaments de substitution aux opiacés ou présentant des antécédents d’abus), pouvant évoluer vers une consommation à finalité non thérapeutique liée à une obtention illégale", affirme l'ANSM.

Les médecins doivent rester vigilants quant aux signes de mésusage, d'abus ou de dépendance comme le développement d’une tolérance, l’augmentation des doses et un comportement de recherche du médicament. Outre l'épilepsie partielle et les troubles anxieux généralisés, le Lyrica peut aussi être utilisé pour traiter les douleurs neuropathiques (douleurs persistantes causées par des lésions des nerfs) dont certaines pathologies comme le diabète ou le zona peuvent en être la cause. De nombreux patients peuvent donc être amenés à se le voir prescrire, non sans quelques principes de précaution.

Le médicament peut en effet entraîner plusieurs effets indésirables pouvant entraîner la survenue de blessures, notamment chez les personnes âgées (étourdissement, somnolence, vision trouble). Le médecin doit être prévenu en cas d'antécédents de maladies cardiaques, maladies du foie ou des reins, d'alcoolisme ou de toxicomanie. Son avis est indispensable avant de prendre un autre médicament, même sans ordonnance, car le risque d'interaction est important. Dans tous les cas, le traitement s'adapte en fonction de chaque patient, doit être scrupuleusement suivi et doit s'accompagner d'une étroite surveillance et de conseils pour la vie quotidienne.

*Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé