Décès suspects à l'hôpital de Remiremont: la direction reconnaît un "échec"

Le Centre hospitalier de Remiremont, dans les Vosges, le 30 décembre 2022 - Jean-Christophe Verhaegen © 2019 AFP
La direction du Centre hospitalier de Remiremont, dans les Vosges, a reconnu mercredi soir un "échec" alors que plusieurs plaintes le visent pour des décès suspects, notamment dans son service de chirurgie orthopédique et traumatique.
"La situation est totalement inédite", a regretté lors d'une conférence de presse organisée avec l'Agence régionale de santé (ARS) Grand Est le directeur général de l'établissement, Dominique Cheveau, reconnaissant "une situation d'échec". "On peut considérer que nous n'avons pas accompli notre devoir", a-t-il admis.
Une nouvelle mort suspecte début octobre
Une patiente est décédée le 3 octobre à la suite d'un "événement indésirable grave" dans le service de chirurgie orthopédique et traumatique, alors que cinq autres morts suspectes au sein de la même unité avaient déjà donné lieu à l'ouverture, en janvier, d'une enquête medico-administrative de l'ARS Grand Est, à la suite de plusieurs dépôts de plaintes de familles de patients.
Cette première enquête a pris fin en septembre, a expliqué Virginie Cayré, directrice générale de l'ARS Grand Est. Une seconde, ouverte après le dernier décès, a "confirmé les difficultés déjà identifiées dans les premiers rapports", a-t-elle ajouté.
Parmi ces dysfonctionnements, l'ARS rapporte une "tenue médiocre des dossiers médicaux", l'absence de visite dans de bonnes conditions par le chirurgien des patients qui ont été opérés, des problèmes de "staff" médical ou encore un manque d'encadrement des internes par un tuteur. "L'inspection révèle des problèmes organisationnels", selon Virginie Cayré.
L'ARS donne huit jours à l'hôpital pour rectifier le tir
L'ARS, qui indique que l'hôpital a déjà fourni "un gros travail" pour y remédier, lui laisse un délai de huit jours pour réunir toutes les conditions d'une bonne prise en charge des patients, et assurera un suivi de la mise en place de ses injonctions avant de décider de la reprise ou non des soins programmés de ce service.
Le directeur de l'établissement, qui avait suspendu tous les soins chirurgicaux programmés le 4 octobre, prendra jeudi sa décision quant à la réouverture des autres services de chirurgie aux soins programmés.
Au total, une douzaine de plaintes ont été déposées par des proches ou familles de patients de l'hôpital, dont plusieurs après des décès suspects.











